| L’adaptation
réussie du roman de Philip Roth offre une nouvelle occasion
à Nicole Kidman de démontrer qu’elle est
une immense actrice.
Il n’est jamais simple d’adapter au cinéma
une œuvre littéraire. À plus forte raison
s’il s’agit d’un grand livre et d’un
auteur majeur. C’est le difficile pari qu’a dû
relever Robert Benton avec La couleur du mensonge tiré
de La tâche, de Philip Roth, paru l’an dernier
en France chez Gallimard.
On peut toutefois comprendre que la tentation ait été
forte de travailler sur la très belle et tragique histoire
de Coleman Silk (Anthony Hopkins), doyen respecté de
la prestigieuse université d’Athena, radié
du jour au lendemain sous un fallacieux prétexte de
racisme… Sans emploi, veuf, Coleman Silk va faire deux
rencontres capitales : Nathan Zuckerman (Gary Sinise), un
écrivain qui va devenir son ami, et Faunia (Nicole
Kidman), une fille un peu perdue qui va devenir sa maîtresse.
En adaptant avec fidélité le roman de Philip
Roth, Robert Benton a réussi un film sobre et élégant
qui prend le temps de creuser l’histoire personnelle
de ses personnages et de mettre à jour leurs fêlures
secrètes. Il a surtout offert sur un plateau deux rôles
magnifiques à Anthony Hopkins et Nicole Kidman.
Il faut d’ailleurs souligner la performance de cette Actrice
(avec un grand A) qui, une fois de plus, n’hésite pas
à se mettre en danger avec un personnage que l’on pourrait
qualifier de "contre-emploi". Nicole Kidman semble avoir,
une fois pour toutes, décidé de choisir les chemins
escarpés de son art plutôt que la voie royale des grosses
productions. Dogville, The hours, La couleur du mensonge…
Une immense actrice se confirme.
Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Novembre 2003
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