Un film français de Pascal Bonitzer
Avec Daniel Auteuil
Kristin Scott Thomas
Ludivine Sagnier
et Catherine Mouchet
Rezo Films - 2003 - 1h35
Bruno
(Daniel Auteuil) a de gros problèmes : il est journaliste communiste
et ne peut pas croiser une femme sans quelle lui tombe dans
les bras. Pascal Bonitzer se charge dailleurs de nous en faire
la démonstration en 1h35 de film racontant 2 jours de la vie
de cet homme. Et, effectivement, le résultat est probant :
en 24 heures, on dénombre 5 victimes consentantes, et des plus
diverses. De son amie "légitime" (Emmanuelle Devos)
à sa jeune maîtresse (Ludivine Sagnier), en passant par
Kristin Scott Thomas, la maîtresse dune maison dans laquelle
il ne fait pourtant quun bref passage (je parle de la maison),
une jeune femme "prisonnière" de la scierie où
il demande son chemin et la secrétaire de son oncle député.
Ouf.
Comédie légère pensez-vous ? Erreur. Ce cinéma-là
se veut des plus sérieux, des plus intellectualisé,
des plus prétentieux pour tout dire. Tout est en plans léchés,
en images soignées, en dialogues qui se veulent au cordeau
et nen sont que plus boursouflés, donc insignifiants.
A croire que cette prétention ne sert quà masquer
labsence de tout propos un tant soit peu cohérent. Pascal
Bonitzer aligne les scènes, les juxtapose sans rime ni raison,
sans jamais donner de sens à son histoire ni éviter
les clichés du vaudeville le plus désuet (cf. la vengeance
du mari bafoué !).
On a beau apprécier les performances de cette pléiade
dacteurs de renom, on nadhère à aucun moment
à la vacuité du propos. Petites coupures nous renvoi
aux années les plus nombrilistes du cinéma hexagonal,
à ces films pompidoliens sur les murs de la bonne bourgeoisie
dont on se f... éperdument !
On ne reconnaîtra à ce troisième film de Pascal
Bonitzer (après Encore et Rien sur Robert) que la scène
douverture de Petites coupures : un face à face original,
drôle et brillant entre Emmanuelle Devos et Ludivine Sagnier.
Cinq minutes de bonheur pour 1h30 de vacuité : décidément,
le compte ny est pas. Il est donc urgent de ne pas encourager
le cinéma français à poursuivre (ou plutôt
repartir) dans cette voie que lon croyait définitivement
abandonnée. Ny allez pas !