Un film espagnol de Alex De La Iglesia
Avec Guillermo Toledo
Monica Cervera
Luis Varela
Enrique Villen
et Fernando Tejero
La Fabrique de Films - 2005 - 1h44
Ne
cherchez pas, vous n’avez jamais vu, au cinéma,
ce genre de film corrosif et déjanté. Alors précipitez-vous
avant qu’il ne soit trop tard !
La vraie loufoquerie déjantée est suffisamment
rare au cinéma pour que l’on s’arrête
un moment sur Le crime farpait, le dernier film de Alex De La
Iglesia à qui l’on doit déjà Le jour
de la bête ou 800 balles.
Tout dans ce polar excentrique qui balaie intégralement
le spectre des genres, du burlesque au fantastique (avec un
gros faible pour le film noir), respire la fantaisie libérée,
l’imagination débridée et les conventions
abandonnées.
À l’image de Rafael, héros malgré
lui de cette tragique mésaventure. Car Rafael a un don
: il est né pour vendre. Chef du rayon femme d'un grand
magasin, il n’a qu’une ambition : devenir responsable
de tout l’étage prêt-à-porter. Séduisant
(pas une de ses superbes vendeuse qui n’ait succombé
à son charme), ambitieux et charismatique, il est sûr
de venir à bout de son éternel rival, Don Antonio,
chef du rayon homme ! Mais au cours d’une violente dispute,
il le tue accidentellement dans une cabine d’essayage…
et Lourdes, une vendeuse peu avantagée par la nature,
est témoin de la scène. Elle aime Rafael en secret
depuis toujours et profite de l’opportunité pour
faire chanter l'homme de sa vie : il sera à elle ou elle
dira tout !
Pas une scène, pas une réplique qui ne fasse mouche
et hurler de rire le spectateur ravi de tant de liberté
de ton, de mauvais goût assumé et d’humour
sans tabou. D’autant qu’en situant son action dans
le quasi-huis clos d’un grand magasin, Alex De La Iglesia
peut donner libre cours à sa critique acerbe de la société
de consommation et de la tyrannie du paraître. Bref que
du bonheur jubilatoire !
PS : ce petit bijou d’impertinence a
été récompensé du Grand Prix au
dernier Festival du film policier de Cognac qui s’est
tenu du 7 au 10 avril dernier.