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     CiNéMa
 
DAREDEVIL

Un film américain
de Mark Steven Johnson
Avec Ben Affleck
Jennifer Garner
et Colin Farrell

UFD - 2003 - 1h42
Daredevil, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui devient aveugle et qui plus tard enfilera des collants rouges parce que personne n’osera lui dire que la couleur est ridicule. Ce jeune garçon, Matt Murdock devient avocat pour exercer la justice et, le soir, tel un ministre de l’intérieur modèle réduit, il exerce sa justice et bastonne les salauds qui truandent la société en toute impunité.

Daredevil est interprété (c’est peut-être un grand mot) par Ben Affleck, souvent aussi expressif qu’une endive. Mais à défaut d’être expressif, il est rudement beau gars dans le genre fade, un boys band à lui tout seul.

Le réalisateur de cette adaptation des Marvel Comics a réussi son film à hauteur de 55 %. L’adaptation est honnête et les amateurs de superhéros y trouveront leur compte. Il pimente son histoire d’une pincée de violence qui remonte la sauce. On est content pour lui parce qu’on sent qu’il s’est éclaté avec tous les effets spéciaux et les images de synthèse qu’il a utilisés. Il s’est tellement éclaté qu’il a abandonné en chemin l’unité de son film et commis certaines fautes de goût.

Quelles fautes de goût ? demandent les lecteurs stupéfaits de tant d’aigreur ? Eh bien, ce goût immodéré pour les effets qui finissent par transformer le spectateur en grain de sable sur un trampoline. Et puis l’utilisation de la musique. On a l’impression désagréable que le film vous intime l’ordre d’acheter sa bande originale où il y a des ballades romantiques quand l’héroïne est filmée en gros plans et des morceaux vaguement hard rock quand le méchant fait son apparition.

Il y a cependant deux arguments pour aller voir Daredevil : Jon Favreau tient le rôle de l’avocat associé à Matt Murdock. Voilà un acteur sympa qu’on aimerait voir autrement que dans des rôles de faire-valoir. Il y a surtout Jennifer Garner, la star de la série Alias. Elle n’a rien à faire, elle joue à peine, mais qu’elle est craquante ! Elle seule, est la preuve que le printemps est arrivé sur nos contrées.

En résumé, ce film ne vous fera pas relever en pleine nuit parce que vous n’avez pas saisi toute la complexité du scénario. Il vous fera comprendre en quoi Brian Synger pour X-Men et Sam Raimi pour Spiderman sont à la fois fidèles aux comics dont ils s’inspirent et capables, par leurs talents, de les transcender.

C’est pas tout ça, mais il faut se reposer maintenant. Dans quelques mois, Ang Lee nous a concocté un Hulk des familles. On en verdit d’avance.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Mars 2003
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