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     CiNéMa
 
DARK BLUE

Un film américain de Ron Shelton
Avec Kurt Russell
Ving Rhames
et Scott Speedman

Metropolitan Filmexport - 2003 - 1h56
NOIR C'EST NOIR
Un polar noir et réaliste dont l’action est concomitante au procès de l'affaire Rodney King et aux terribles émeutes qui ont enflammé Los Angeles en 1991



Attention, Dark blue n’est pas un polar américain de plus. Tiré d’une histoire originale de James Ellroy, il prend le parti de la réalité crue, de la loi de la rue et de celle d’une police souvent « limite ». Et quelle situation permet le mieux de plonger au cœur de ce maelström ? Celle, classique, du « vieux » flic blasé (Kurt Russell) qui prend en charge un jeunot (Scott Speedman) avec qui il creuse une affaire pourrie de braquage et meurtres. Ce sera l’enquête de trop. Celle qui permet au flic de comprendre que ses méthodes tordues pour mettre hors d’état de nuire les malfrats de la pire espèce, ont aussi servi les desseins de certains chefs de la police, guère plus reluisants que les gangsters qu’il pourchasse.

Sur fond d’affaire Rodney King (après avoir tenté d’échapper à un contrôle de police, un noir est sorti de sa voiture et passé à tabac par quatre policiers blancs sous l’œil d’une caméra indiscrète. Verdict : relaxe des quatre policiers) et des émeutes sans précédent qui enflammèrent Los Angeles en 1991, Ron Shelton sort un film accrocheur et efficace.

Kurt Russell est parfait dans son rôle de flic cynique, mal dans sa peau mais assumant totalement ses idées machistes et racistes. Il est pourtant fondamentalement honnête, si ce n’est dans ses méthodes, en tout cas dans ses objectifs. C’est un flic et il est là pour éliminer les "malfaisants". Les moyens, c’est son affaire. Autour de lui, dans un climat lourd, chacun assure son rôle avec justesse, sans caricature. Les pontes de la police ont la gueule de l’emploi, celle du flic qui a grimpé la hiérarchie, qui connaît la rue et qui connaît la politique.

Dommage que, selon cette méthode chère à nos amis américains, le final ne déroge pas à la sempiternelle révélation de la vérité/morale dans une manifestation publique. Faute de remise des diplômes de fin d’année ou de plaidoirie de fin de procès, c’est lors d'une cérémonie au cours de laquelle il est promu au grade de Lieutenant que Eldon Perry révèle le pot aux roses… en présence de tous les protagonistes de l'histoire. Les méchants sont confondus et arrêtés sur-le-champ parce que l’institution, elle, est saine ! Comme dirait W : God bless America !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Août 2003
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