FORTES
PERSONNALITES
Un thriller psychologique efficace qui, sans trahir les lois du genre,
dégage une personnalité propre grâce à
un scénario impeccable et à des acteurs de talent
Thriller
psychologique à la française. Avouez que présenté
comme ça, la première réaction est de méfiance.
Surtout si l’on précise que le réalisateur est
René Manzor, également connu pour être le frère
de Francis Lalanne ! Et pourtant, contre toute attente, Dédales
vaut bien mieux que sa genèse ne le laisse craindre.
D’abord
parce que l’histoire de Claude (Sylvie Testud), extraordinaire
tueuse en série, nous est racontée simultanément
non pas de deux points de vue, mais à deux moments différents.
Nous suivons ainsi à la fois les progrès de la police
sur sa piste dans les jours qui précèdent son arrestation
et l’avancée de son traitement psychiatrique dans un
centre spécialisé.
Ensuite
parce que la personnalité de Claude est particulièrement
rare, sa schizophrénie faisant cohabiter en elle plusieurs
personnes, comme elle l’explique elle-même, et non pas
seulement plusieurs personnalités. L’occasion est dès
lors belle, pour Sylvie Testud, de donner la pleine mesure de son
talent, se muant tour à tour en petit garçon de 7
ans, en executive woman ou en tueur sauvage.
Un
suspens habilement mené
Pourtant
le mystère de Claude est bien plus complexe qu’il n’y
paraît et dans l’enquête comme dans les soins,
Le professeur Karl (Michel Duchaussoy) et le commissaire Ray (Edouard
Montoute) sont amenés à solliciter de l’aide.
Celle du Docteur Brennac (Lambert Wilson) pour le premier, celle
de Mathias (Frédéric Diefenthal), un profiler un peu
spécial pour le second.
Habilement
menée autour de ces personnages forts, la narration garde
le spectateur en attente du dénouement final qui jette forcément
une lumière nouvelle sur l’ensemble et oblige, comme
toujours dans ces cas-là, à se repasser mentalement
l’intégralité du film pour en vérifier
la cohérence. René Manzor offre même, en parallèle
au générique de fin, une longue séquence muette
qui donne, plus clairement encore, la clé lumineuse de l’extraordinaire
histoire dont il vient de dénouer le fil pour nous.
Alors
rendons justice à un réalisateur qui tardait un peu
à convaincre, et ne boudons pas notre plaisir de frissonner
et de réfléchir en même temps : Dédales
le permet.
Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Septembre 2003
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