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LA DIGNITE DU PEUPLE
Un film argentin de Fernando Solanas

Ad Vitam - 2006 - 2h00
Dans Mémoire d'un saccage (sorti en 2003), Fernando Solanas décortiquait la façon dont Carlos Menem - alors qu'il avait été élu sous une étiquette socialiste - avait littéralement et "libéralement" bradé l'Argentine aux firmes étrangères et au FMI. Dans La dignité du peuple, le réalisateur montre les conséquences désastreuses de cette politique libérale sur le "petit" peuple. Un témoignage bouleversant sur la paupérisation grandissante d'un pays jadis florissant.


Le film commence par des vues d'un pays en ruine : long travelling sur la misère et la désolation qui pourraient être celles d'un pays en guerre.

Fernando Solanas témoigne d’une pauvreté telle que les gens ne jettent absolument plus rien, qu’ils survivent dans des taudis, qu'il faut attendre 6 mois pour obtenir un rendez-vous à l'hôpital qui de toute façon ne pourra fournir de médicaments...

Fernando Solanas montre aussi - au travers d'exemples marquants - comment les gens tentent de survivre au dénuement le plus extrême, comment ils tâchent de résister avec les moyens du bord.

Ainsi, Toba, le maître d'école qui - malgré ses 5 heures de trajet quotidiens (un train et 4 bus) - organise chez lui le week-end une cantine de fortune pour les enfants de son village qui, sans ça, ne mangeraient pas.

La résistance n'est cependant pas qu'individuelle : les pauvres cultivent la solidarité et se serrent les coudes, ils organisent des manifestations impressionnantes, montent des campements gigantesques en pleine ville pour qu'on ne les oublie pas.

Mais le manque d'organisation est crucial : ils réclament le renouvellement de la classe politique corrompue et irresponsable, mais voient l'ancien premier ministre de Carlos Menem prendre le pouvoir…

C'est aussi un peu avec les moyens du bord que Fernando Solanas réalise son film : beaucoup d'images prises caméra à l'épaule, mouvements aléatoires et parfois incontrôlés qui peuvent rendre le visionnage difficile… même si c’est au final la misère qui est insoutenable à regarder.


Thibault Dablemont
© Jowebzine.com - Octobre 2006
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