SEPARATION
A L’AMIABLE
Un réalisateur de talent et un casting prestigieux ne suffisent
pas toujours à donner un grand film. Le divorce en fait une
fois de plus la démonstration.
Réalisateur de talent (James Ivory) et casting de rêve
(Melville Poupaud, Naomi Watts, Kate Hudson, Thierry Lhermitte, Jean-Marc
Barr, Glenn Close, Leslie Caron…), Le divorce fait partie de
ces films que l’on est impatient de découvrir, même
si l’affiche un peu ratée nous met rapidement la puce
à l’oreille.
Pourtant, tout commence plutôt bien avec
cette histoire de couple franco-américain en crise (je ne
parle pas de Chirac/Bush) : Isabel (Naomi Watts) rejoint à
Paris sa sœur Roxeanne (Kate Hudson), enceinte de son deuxième
enfant avec Charles-Henri (Melville Poupaud)… qui choisit
ce moment précis pour la quitter ! Roxeanne refuse le divorce,
Isabel s’éprend d’Edgar (Thierry Lhermitte),
l’oncle de Charles-Henri, Roxeanne rencontre un avocat séduisant
(Jean-Marc Barr), etc.
Un scénario mal ficelé
Vous l’aurez compris, on est en plein
marivaudage et l’on sourit beaucoup aux perpétuelles
confrontations culturelles entre deux mondes aussi différents
que ceux de nos deux américaines de charme et de leur belle
famille française. Toujours discrète et subtile, cette
manière qu’a James Ivory d’épingler nos
travers ou nos manies est tout à fait réjouissante.
Malheureusement ce thème n’a pas
semblé suffire au réalisateur pour faire son film.
Mais l’introduction dans cette histoire plaisante d’une
controverse sur l’origine d’un tableau de maître
et l’irruption d’un mari jaloux et psychopathe ne font
que contribuer à brouiller les pistes d’une narration
déjà peu sûre. On a donc rapidement l’impression
que James Ivory navigue à vue dans un scénario mal
ficelé qui se termine « miraculeusement » par
une péripétie on ne peut moins crédible.
Conséquence inéluctable : quand
les lumières se rallument dans la salle, le divorce est consommé
entre les spectateurs et le réalisateur.
Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2003
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