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     CiNéMa
 
DOMINO

Un film américain de Tony Scott
Avec Keira Knightley
Mickey Rourke
Edgar Ramirez
et Lucy Liu

Metropolitan FilmExport - 2005 - 2h08
Avec Domino et son histoire "vraie", et malgré un casting de choix, Tony Scott atteint les limites du mauvais goût cinématographique.


Rien à dire, le synopsis du nouveau film de Tony Scott a de la gueule. Rien moins que l’histoire "vraie" de Domino Harvey, jolie petite gosse de riche qui, parce qu’elle s’ennuie, envoie balader son job de mannequin pour celui de "chasseur de prime". Associée à deux durs à cuire un peu marginaux, pointures de la profession à Los Angeles, elle va s’offrir sa dose d’adrénaline jusqu’à cette affaire un peu plus pourrie que les autres dont s’est emparé le réalisateur.

Résultat : plus de deux heures de cinéma "sévèrement burné" tourné et monté façon vidéo-clip sous amphétamines avec caméra hystérique en mouvement permanent, cadrages décalés, flouté et ralentis en veux-tu en voilà, et jeu sur les couleurs du plus bel effet. Deux heures de testostérone, de coups de feu et de coups de poing, de gros billets et de gros calibres, de règlements de comptes et de manipulations (très) tordues. À tel point, que je dois piteusement avouer n’avoir rien compris à l’histoire. Rien…

Pas grave, a priori, tant le propos de Tony Scott semble éloigné de tout souci de véracité, voire même seulement de plausibilité. Non, ce qui l’intéresse Tony Scott, c’est de faire son malin, de montrer comme il est musclé et original, comme il filme différemment de ses confrères, avec plein de couleurs bizarres et de caméras qui s’agitent, même quand il ne se passe rien.

À ce titre, Domino est symptomatique d’une tendance lourde de l’industrie américaine de l’entertainment entièrement basée sur la surenchère d’effets spéciaux et de gros muscles. Amorcée l’année dernière avec Man on fire, déjà à la limite de l’acceptable, cette évolution semble devenue, pour Tony Scott, une fin en soi. Et la résurrection d’un Mickey Rourke méconnaissable ne peut suffire à excuser cette dérive.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Décembre 2005
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