Un film belge de Nadine Monfils
Avec Michel Blanc
Josiane Balasko
Didier Bourdon
Dominique Lavanant
Annie Cordy
et Olivier Broche
Noé Productions - 2004 - 1h37
Un
premier film totalement kitsch servi par une pléiade
d'acteurs de premier plan dans des rôles totalement inattendus
: autant de bonnes raisons d'aller faire un brin de conversation
à Madame Edouard.
Passer de la littérature au cinéma : la tentation
doit être grande pour nombre d'écrivains qui rêvent
de mettre en scène des stars de cinéma plutôt
que d'anonymes héros de papier. Ce rêve, Nadine
Monfils vient de le réaliser en transposant sur grand
écran une de ses nouvelles écrite en 1999. Il
faut dire que depuis le temps qu'elle publie les aventures du
commissaire Léon au rythme de trois par an, elle commençait
à avoir de la matière !
Elle s'y est donc mise avec une distribution de rêve dont
on sent bien qu'elle est là pour jouer le jeu de la farce
débridée. Il faut dire qu'elle s'en donne à
cœur joie, Nadine Monfils. Jugez plutôt : à
Bruxelles, sont découverts des cadavres de jeunes femmes
ensevelies derrière des tombes de peintres. À
chacune des victimes manque l'avant-bras droit. Le commissaire
Léon, passionné de tricot (Michel Blanc), va rapidement
soupçonner Madame Edouard, un travesti ménager
du bistrot du coin (Didier Bourdon), d'être l'auteur de
ces meurtres. Accompagné de Bornéo, son fidèle
adjoint (Olivier Broche) et secondé par Nina Tchitchi,
la kitschissime secrétaire du commissariat (Josiane Balasko),
il mène l'enquête…
Vous l'aurez compris, tout dans ce film est parfaitement loufoque,
improbable et par là même totalement jubilatoire.
Pas une scène, pas un plan, pas un dialogue qui ne soit
truffé de douce dinguerie et de clin d'œil à
la culture Belge. En vrac : l'accent, Magritte, Hergé,
Anderlecht… tout y passe et nos soucis trépassent.
On peut reprocher beaucoup de chose à ce premier essai
de Nadine Monfils (une certaine maladresse, un regrettable manque
de rythme…), mais pas son imagination ni son originalité.
On est surpris à chaque plan et on rit beaucoup à
la truculence de personnages que Mocky n'aurait pas désavoué.
Bref, c'est parfois un peu limite, mais c'est aussi plein de
belles choses… et on adore !