Un film allemand de Hans Weingartner
Avec Daniel Brühl
Julia Jentsch
Stipe Erceg
et Burghart Klaussner
Bac Films - 2005 - 2h07
Après
les succès récents de Good bye Lenin et de La
chute, le cinéma allemand a le vent en poupe et pousse
son avantage en présentant The Edukators.
Deux garçons, une fille. Voilà le noyau dur d’un
groupe prêt pour la révolte. Faire peur aux riches
pour qu’ils soient conscients que leur richesse ne les
protège pas de tout, et surtout pas de la peur. Le terrorisme
de ces jeunes gens consiste à s’introduire dans
les maisons bourgeoises, après avoir soigneusement débranché
le système d’alarme, à mettre la villa sans
dessus dessous et à laisser une lettre signée
des Edukators. Mais un jour, la combine dérape et nous
voilà embarqués dans le combi Volkswagen des jeunes
gens avec un "otage"…
C’est l’heure de la remise en question : est-ce
que leur action mène à quelque chose ? Est-ce
qu'elle peut faire vaciller le capitalisme ? Est-ce qu'elle
peut empêcher les hommes d’affaires qui travaillent
15 heures par jour pour un salaire annuel de 200 000 euros de
ne plus faire travailler 15 heures par jour des asiatiques à
30 euros par mois ? Peut-on changer le monde ? Eviter que les
gens s’abêtissent 4 heures par jour devant la télé
? Rendre les gens heureux ? Et libres ?
Par ce kidnapping involontaire, nous voilà pris dans
un huis clos où la nouvelle génération
fait face à un soixante-huitard devenu homme d’affaires.
S'ensuivent confrontations, joutes verbales, idéalisme
et remise en question…
Le jeu de ces trois jeunes gens, dont Daniel Brühl (vu
dans Good bye Lenin) est brillamment mené et, malgré
quelques lenteurs, The Edukators nous (re)font prendre conscience
de notre rôle (ou absence de rôle) dans notre société.
Cela fera du bien à chacun d’aller voir ce film
- allemand - plutôt qu’un quelconque film d’action
- américain - en se posant la question : peut-on changer
? La réponse est oui… et pourtant certains ne changeront
jamais.