Un film français de Michel Blanc
Avec Jacques Dutronc
Charlotte Rampling
Carole Bouquet
Michel Blanc
Denis Podalydès
Karin Viard
Lou Doillon
Clotilde Courau
Sami Bouajila
et Vincent Elbaz
UFD - 2002 - 1h43
Un
nouveau film de Michel Blanc est toujours un événement
et celui-ci ne déroge pas à la règle. Et pas
seulement par lampleur du casting qui rassemble ici une brochette
de comédiens rares, de Jacques Dutronc à Charlotte Rampling
en passant par Carole Bouquet, décidément parfaite,
et lirrésistible Karin Viard que lon aimerait voir
dans TOUS les films !
Non, si Embrassez qui vous voudrez est un événement,
cest aussi parce quil sagit seulement du quatrième
film de Michel Blanc réalisateur (après Marche à
lombre, Grosse fatique et Mauvaise passe). Cest, enfin,
grâce au choix de son inspirateur, Joseph Connolly qui, avec
son roman Vacances anglaises (en poche chez Points Seuil), lui a offert
des personnages, des situations et des dialogues de premier choix.
Le résultat est une étude de murs minutieuse,
un talentueux chassé-croisé de couples aussi divers
que variés dont les vies vont se télescoper le temps
de quelques jours de vacances au Touquet. Il serait absolument inélégant
de vous dévoiler quoi que ce soit des caractères et
des comportements de chacun. Aussi ne saurez-vous rien de la bourgeoise
oisive qui a tellement besoin de « faire un break », du
dragueur compulsif vite dépassé par les événements,
de la mère de famille fauchée qui sauve les apparences,
du jaloux maladif (le mot est faible), ou de quelques autres qui nont
rien à envier à ceux-là
Tout le talent de Michel Blanc est de faire tenir debout une histoire
collective faite dune invraissemblabe accumulation de destins
individuels. Outre son talent propre de conteur, il sappuie
pour cela sur des dialogues au scalpel, largement empruntés
au livre de Connolly (ce qui semble dailleurs assez naturel),
qui font mouche à chaque fois. Chaque situation, chaque scène,
chaque réplique est ainsi un pur petit bijou que lon
déguste des yeux et des oreilles avec délice et avidité.
Michel Blanc lavait déjà démontré,
avec Grosse fatigue, par exemple : on peut faire des films drôles
ET intelligents.
Alors, ne boudez pas votre plaisir et ne pensez surtout pas que les
bandes-annonces abondantes des semaines passées vous ont dévoilées
tous les ressorts du film. Promis, il ne sagissait que dun
minuscule aperçu !