Un film français de Jacques Otmezguine
Avec François Berléand
Delphine Rollin
Bruno Todeschini
Nicole Calfan
et François Morel
Vision Distribution - 2003 - 1h30
SOUS-EMPLOYEE
Un thriller à la française qui, malgré sa bonne
volonté, peine à camoufler ses défauts derrière
une histoire plutôt bien ficelée
Qui est Florence ? Est-ce vraiment l’employée modèle
que l’on croit ? Littéralement tombée du ciel,
elle va bouleverser la vie de François Maurey, patron d’une
petite entreprise qui vient de mettre au point un logiciel révolutionnaire
que ses concurrents américains lui envient. Or, comme chacun
sait, dans la guerre économique tous les coups sont permis.
Ce thriller à la française (c’est à dire
avec un bon scénario mais sans poursuites en voitures) laisse
une drôle d’impression au spectateur attentif. Disons
qu’il agit en deux temps…
Dans un premier temps (celui de la projection), il capte l’attention
sans peine grâce à une écriture précise
et à des acteurs à la hauteur. A ce titre, on ne soulignera
jamais assez le talent trop récemment découvert de François
Berléand, sorte de Fabrice Luchini qui aurait renoncé
à cabotiner.
Et puis, le film terminé et les lumières rallumées,
on se dit que tout ça a un air de déjà vu. Qu’à
bien y réfléchir, on pointe ici et là quelques
incohérences ou approximations bénignes qui, mises bout
à bout, finissent par déranger (le cadavre, les motards,
le flic sauveur, l’ordinateur qui s’éteint à
partir du bouton de l’écran…) Que les quatre ou
cinq scènes dans lesquelles on voit distinctement le micro
au-dessus des acteurs sont finalement assez agaçantes (négligence
ou manque de moyen pour tourner à nouveau le plan ?) Et que
les multiples clins d’œils à des scènes cultes
du cinéma sont pour le moins déplacées.
Malgré ces péchés véniels, Une employée
modèle reste, dans un genre peu pratiqué en France,
un film qui se regarde sans effort (Prix du public au festival de
Sarlat), mais dont il ne reste pas grand chose après coup…