Untitled Document
 

     CiNéMa
 
L'ENFANT

Un film belge de Luc et Jean-Pierre Dardenne
avec Jérémie Rénier
Déborah François
et Olivier Gourmet

Diaphana - 2005 - 1h40
Palme d’or à Cannes, L’enfant de Luc et Jean-Pierre Dardenne sort enfin sur les écrans. Une nouvelle preuve du talent des réalisateurs belges.


Les frères Dardenne sont les enfants chéris du festival de Cannes. Palme d’or en mai dernier avec L’enfant, ils avaient connu la même consécration six ans plus tôt pour Rosetta (qui avait révélé Emilie Dequenne). Et, entre temps, c’est Le fils (2002) qui avait offert à Olivier Gourmet, leur acteur fétiche, un Prix d’interprétation masculine mérité. Quelques mois après sa "naissance" officielle sur les marches du Palais des Festivals, L’enfant, leur bien nommé dernier-né, sort donc enfin en salles, permettant au public d’apprécier à son tour l’œuvre des réalisateurs belges.

Et une fois de plus, le miracle se produit. Sans dévier d’un pouce de leur ligne de conduite éprouvée de longue date (sujet social, scénario minimaliste, caméra-vérité et absence de musique) les frères Dardenne renouvellent l’exploit de convaincre leur public avec peu de mots, peu d’effets, mais une humanité débordante.

Rien de facile pourtant dans cette nouvelle évocation de la misère humaine qui, à nos portes, fait des ravages d’autant plus grands que l’on évite soigneusement de la regarder en face. Rosetta hier, Bruno (Jérémie Rénier) et Sonia (Déborah François) aujourd’hui… ainsi que Jimmy, leur bébé dont Bruno n’arrive pas à intégrer l’existence, accaparé qu’il est par son immaturité absolue et ses combines à la petite semaine. Aux frontières de la clochardisation, ces trois-là vont passer en quelques jours de l’enfer au purgatoire dans une sorte de condensé d’existence qui obligera les jeunes parents à mûrir sans délai.

Mais comme d’habitude dans ce cinéma belge proche parent du documentaire (le syndrome Strip-tease), le propos n’est ni édifiant ni moralisateur. Simplement factuel, il oblige le spectateur à voir, à savoir. Impossible ensuite de plaider l’ignorance. Et ne comptez pas non plus sur les réalisateurs pour servir du prêt-à-penser : là encore, c’est à chacun de se forger sa propre opinion.

C’est pour toutes ces raisons que l’on aime le cinéma sans concession de Luc et Jean-Pierre Dardenne. Pour toutes ces raisons que l’on doit voir L’enfant et ressentir le profond malaise distillé par leurs images vénéneuses mais salutaires.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2005
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés