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     CiNéMa
 
MAUVAIS ESPRIT

Un film français de Patrick Alessandrin
Avec Thierry Lhermitte
Ophélie Winter
Et Maria Pacôme

Pathé - 2003 - 1h30
PIPI CACA PROUT
Avec ce film, Patrick Alessandrin décroche sans contestation possible la palme du pire film français de l’année : pipi, caca, prout… rien ne manque au tableau.


Les chroniqueurs de Jowebzine.com ont l’occasion, fréquemment, de vous faire partager les souffrances intellectuelles que certaines productions (étatsuniennes le plus souvent) leurs font endurer. Vous savez ainsi tout le bien que nous pensons de la série à succès American pie ou l’estime dans laquelle nous portons Robert de Niro dès lors qu’il se lancent dans des rôles comiques (?) aux côtés de Billy Crystal (Mafia blues) ou de Eddie Murphy (Showtime).

Mais aujourd’hui, notre honnêteté absolue nous impose de vous révéler qu’en France aussi on peut tourner (et projeter) d’énormes co..…es. Certains films nous avaient mis la puce à l’oreille (halte à la délation !), Mauvais esprit nous en apporte la preuve éclatante.

Plutôt que de vous résumer l’histoire abracadabrante qui sous-tend ce film mémorable (un looser se réincarne dans la peau du bébé de son pire ennemi), je préfère vous donner quelques exemples de gags qui émaillent cette comédie (re-?). Citons, dans le désordre : le vomissement en pleine figure (sûrement très drôle puisque Patrick Alessandrin ne résiste pas au plaisir de nous resservir plusieurs fois le plat), la caca débordant (irrésistible), la voix off qui dit des trucs hilarants (exemple : « Ouah, les nibards de ma mère ! » - La mère, c’est Ophélie Winter), les répliques top méga fun de Maria Pacôme (exemple : « Où elle va ma belle-fille ? Encore se faire sauter par son bamboula ? » - Son kiné est noir), etc.

Une heure trente de ce régime vous fait inévitablement régresser à un stade anal indispensable pour apprécier toute la finesse d’un réalisateur qui, avec 15 août, nous avait habitué à mieux. Il faut dire que les acteurs ne l’ont pas beaucoup aidé dans son boulot ingrat : Maria Pacôme se contente d’un petit rôle de foldingue sans épaisseur, Thierry Lhermitte nous ressert une centième fois ses mêmes mimiques convenues et Ophélie Winter interprète avec conviction un personnage de pétasse absolue (ce qui nous amène à penser qu’elle sait faire preuve de belles qualités d’autodérision). Finalement, celui qui s’en sort le mieux dans cette pitoyable affaire, c’est Michel Muller : essentiellement présent sous forme de voix off, son absence à l’écran devrait lui épargner cette tâche dans la mémoire collective des cinéphiles.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Novembre 2003

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