PIPI
CACA PROUT
Avec ce film, Patrick Alessandrin décroche sans contestation
possible la palme du pire film français de l’année
: pipi, caca, prout… rien ne manque au tableau.
Les chroniqueurs de Jowebzine.com ont l’occasion, fréquemment,
de vous faire partager les souffrances intellectuelles que
certaines productions (étatsuniennes le plus souvent)
leurs font endurer. Vous savez ainsi tout le bien que nous
pensons de la série à succès American
pie ou l’estime dans laquelle nous portons Robert de
Niro dès lors qu’il se lancent dans des rôles
comiques (?) aux côtés de Billy Crystal (Mafia
blues) ou de Eddie Murphy (Showtime).
Mais aujourd’hui, notre honnêteté absolue
nous impose de vous révéler qu’en France
aussi on peut tourner (et projeter) d’énormes
co..…es. Certains films nous avaient mis la puce à
l’oreille (halte à la délation !), Mauvais
esprit nous en apporte la preuve éclatante.
Plutôt que de vous résumer l’histoire
abracadabrante qui sous-tend ce film mémorable (un
looser se réincarne dans la peau du bébé
de son pire ennemi), je préfère vous donner
quelques exemples de gags qui émaillent cette comédie
(re-?). Citons, dans le désordre : le vomissement en
pleine figure (sûrement très drôle puisque
Patrick Alessandrin ne résiste pas au plaisir de nous
resservir plusieurs fois le plat), la caca débordant
(irrésistible), la voix off qui dit des trucs hilarants
(exemple : « Ouah, les nibards de ma mère ! »
- La mère, c’est Ophélie Winter), les
répliques top méga fun de Maria Pacôme
(exemple : « Où elle va ma belle-fille ? Encore
se faire sauter par son bamboula ? » - Son kiné
est noir), etc.
Une heure trente de ce régime vous fait inévitablement
régresser à un stade anal indispensable pour
apprécier toute la finesse d’un réalisateur
qui, avec 15 août, nous avait habitué à
mieux. Il faut dire que les acteurs ne l’ont pas beaucoup
aidé dans son boulot ingrat : Maria Pacôme se
contente d’un petit rôle de foldingue sans épaisseur,
Thierry Lhermitte nous ressert une centième fois ses
mêmes mimiques convenues et Ophélie Winter interprète
avec conviction un personnage de pétasse absolue (ce
qui nous amène à penser qu’elle sait faire
preuve de belles qualités d’autodérision).
Finalement, celui qui s’en sort le mieux dans cette
pitoyable affaire, c’est Michel Muller : essentiellement
présent sous forme de voix off, son absence à
l’écran devrait lui épargner cette tâche
dans la mémoire collective des cinéphiles.
Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Novembre 2003
|