Un documentaire français
de Nicolas Philibert
Avec Georges Lopez
et les élèves de sa classe
Les Films du Losange - 2002 - 1h44
Georges
Lopez est instituteur dans un petit village du Puy de Dôme.
Sa quinzaine délèves se répartit en trois
groupes plus ou moins homogènes : les petits (maternelle),
les moyens (CP et CE1) et les grands (CM1 et CM2). Et tout ce petit
monde cohabite tranquillement, ou à peu près, cependant
que Nicolas Philibert vient planter sa caméra au milieu de
la troupe studieuse pour nous offrir près de deux heures de
pur bonheur.
Ramassage scolaire matinal, cohabitation difficile quelquefois, apprentissage
laborieux, patience angélique dun instituteur passionné
Au fil des saisons, nous voyons ces enfants apprendre, évoluer,
mûrir à leur rythme avec leurs qualités et leurs
défauts. Et, si tous les enfants sont attachants, de véritables
personnalités émergent rapidement, au premier rang desquels
un extraordinaire petit Jojo (qui dailleurs se paye laffiche
du film) qui plusieurs fois nous fera éclater de rire par sa
fausse naïveté, son aplomb ou son sens de la répartie
(je vous recommande particulièrement la séquence de
la photocopieuse !).
Entrecoupé de scènes de la vie rurale quotidienne, Etre
et avoir est le film de la normalité, de la simplicité
et du temps qui passe doucement, sans frénésie, sans
bruit, sans stress. La vie nest pas forcément facile
au cur du Massif Central, mais elle est à des années
lumière de la trépidation citadine. Ici les enfants
ont une oreille attentive et patiente à leur disposition. Le
maître prend le temps dexpliquer, daider, de comprendre,
de parler avec chaque enfant. Il prend le temps découter,
de jouer, demmener les enfants faire de la luge lhiver
ou pique-niquer lété. Il prend la peine de sortir
les pupitres dans le jardin quand les beaux jours reviennent. Il prend
le temps de faire de ces enfants des adultes.
Jamais ennuyeux, jamais didactique ou donneur de leçon, le
film de Nicolas Philibert est totalement lumineux, humaniste et passionnant.
On ne se lasse jamais des regards denfants quil capte
à leur insu, de leurs difficultés à apprendre
à lire, à écrire, à compter. Il semble
nous donner à voir une dernière fois un monde en train
de disparaître. Lannée prochaine le maître
partira à la retraite et sera remplacé ou non.
A voir absolument en cette période de rentrée. Par solidarité
avec les centaines de milliers de petits bouts qui vivent leurs premiers
jours de classe et pour raviver nos propres souvenirs.