Un film américain de Bent Hamer
Avec Matt Dillon
Lili Taylor
Fisher Stevens
Marisa Tomei
et Didier Flamand
2005 - 1h33
Nouvelle
adaptation réussie d'une oeuvre de Bukowski avec un Matt
Dillon stupéfiant de réalisme lunaire.
Décidément, Charles Bukowski inspire les cinéastes.
Marco Ferreri (Contes de la folie ordinaire), Patrick Bouchitey
(Lune froide), Dominique Deruddere (L'Amour est un chien de
l'enfer) et Barbet Schroeder (Barfly), se sont déjà
coltiné à l’œuvre du buveur céleste
décédé en 1994.
Avec Factotum, le cinéaste norvégien Bent Hamer
poursuit donc dans la lignée d’illustres prédécesseurs
et adapte un autre roman de Bukowski, publié en 1975
celui-là. Comme souvent avec lui, c’est une "belle"
histoire d’errance et de picole que nous propose Factotum.
Celle de Chinaski (c’était aussi le nom du personnage
interprété par Mickey Rourke dans Barfly), buveur,
loser, mais surtout écrivain obsessionnel, jamais publié,
mais jamais rebuté. Chinaski (ici un Matt Dillon métamorphosé
et diablement convaincant) erre donc entre petits boulots (Factotum.
nm, homme à tout faire), allocations chômage, alcool
et écriture.
Dans un style sobre et non dénué d’élégance,
Bent Hamer nous fait partager ce morceau d’existence instable,
d’où l’humour à froid et l’autodérision
ne sont jamais absents. Et si Factotum n’est pas, à
proprement parler, un film d’action, il n’en est
pas moins prenant et émouvant.