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FAIR-PLAY

Un film français de Lionel Bailliu
Avec Eric Savin
Jérémie Rénier
Marion Cotillard
Benoît Magimel
et Mélanie Doutey

TFM - 2006 - 1h38
Inspiré d’un court-métrage, Fair-play rend compte de la "violence des échanges en milieu tempéré", c’est-à-dire le stress au boulot. Avec un parti pris sportif, le réalisateur étonne, mais ne réussit pas à convaincre. Il ne faut pas pour autant virer ce petit film !

Vous n’aimez pas votre patron ? Vous détestez votre stagiaire ? Vous exécrez vos collègues aux dents longues ? Vous ne supportez plus votre open space ? Vous vous crispez devant le premier sourire de politesse ? Vous en avez marre des rumeurs ? La vie en entreprise vous ronge les nerfs. Fair-play sera le défouloir idéal !

Un consultant, Alexandre, se fait secouer par son supérieur, Charles, qui lui laisse une dernière chance en lui confiant un gros contrat. Ce dernier était la priorité d’un autre consultant, Jean-Claude, qui, pour se venger, fait chanter une assistante, Nicole, qui aurait couché avec le patron. Celle-ci porte plainte pour harcèlement sexuel. Charles est sur un siège éjectable et n’est pas du tout serein lorsqu’il retrouve ses employés pour faire du canyoning, activité qui devrait ressouder l’équipe dirigeante de l’entreprise.

Le titre rappelle une grande vertu du sport, mais le film nous invite à un jeu pervers de domination qui finira mal. Les employés se défoulent au sport (aviron, squash, golf, etc.) mais ne peuvent cacher longtemps leur haine, leur frustration et leur crainte ! Le constat n’est pas nouveau, mais le réalisateur, Lionel Bailliu, a la bonne idée d’étudier ces salariés obsédés par la réussite, uniquement dans leurs loisirs.

Le meilleur reste cette partie de squash extrêmement tendue entre le patron et l’employé bientôt licencié. Ce qui entoure le squash est moins habile mais très efficace ! Le choix se révèle divertissant puis vire au thriller. Le cinéaste n’arrive pas alors à rendre crédible son jeu de massacre à cause d’un ton trop caricatural. Benoît Magimel en fait des tonnes et, d’une manière générale, la direction d’acteurs n’est pas parfaite. La tension baisse dans sa dernière partie. Cela pénalise l’ensemble.

Néanmoins Fair-play échappe aux habituelles productions françaises. C’est une série B pas très nuancée, mais assez ludique. Si vous ne savez pas comment dire à votre employeur ce que vous pensez de lui, envoyez le voir le film…


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Septembre 2006
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