Un film coréen de Kang Je-gyu
Avec Jang Dong-gun
et Won Bin
UIP - 2005 - 2h27
Un
film de guerre gigantesque qui frappe par son ambition et son
réalisme. Un véritable choc cinématographique
comparable au Soldat Ryan de Steven Spielberg.
Sachez-le d’emblée : Frères de sang est
le film de tous les superlatifs. Le genre de production qui
n’a rien à envier aux plus démesurées
des superproductions hollywoodiennes. Neuf mois de tournage,
25 000 figurants, un budget pharaonique : rien n’a été
trop beau pour bâtir cette fresque historique ultra-réaliste
qui retrace l’histoire coréenne de la seconde moitié
du XXe siècle. Celle d’une nation coupée
en deux et meurtrie par une guerre fratricide implacable dont
les cicatrices sont encore vives et douloureuses aujourd’hui.
C’est par les yeux de Jin-tae et de Jin-suk, son frère
cadet, que Kang Je-gyu nous fait découvrir les petites
histoires et la grande Histoire de la guerre de Corée.
Enrôlés de force dans l’armée sud-coréenne
dès le début du conflit en juin 1950, les deux
frères ne se quitteront pas, se protégeant mutuellement
dans un conflit cruel, souvent proche de la guerre civile et
des horreurs qui l’accompagne.
Lucide, épique, cruel, violent, Frères de sang
est d’abord un film destiné aux Coréens
du Sud, célébrant la mémoire de ceux qui
se sont battus pour la liberté de leur pays attaqué
par le Nord communiste. Et s’il n’échappe
pas à une certaine grandiloquence patriotique (violons
entêtants à l’appui), il n’idéalise
jamais la guerre, montrant au contraire, jusqu’à
l’insoutenable parfois, à quel point toute guerre
est "dégueulasse" par nature.
Sous ses dehors "va-t-en-guerre", Frères de
sang est en définitive un vibrant plaidoyer pour la paix
qui secoue sans ménagement le spectateur stupéfait
de tant de brutal réalisme.