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GARDEN STATE

Un film américain de Zach Braff
Avec Zach Braff
Natalie Portman
Ian Holm
Peter Sarsgaard
Et Ron Leibman

Buena Vista International - 2005 - 1h42
Remarqué lors du festival de Sundance (organisé par Robert Redford), Garden state dépeint une jeunesse américaine noyée dans l’ennui, la dope et l’absence de perspective. Comment dans ces conditions, vivre et survivre ?


Garden State est le premier film d’un tout jeune trentenaire, Zach Braff, par ailleurs interprète hilarant de la série Scrubs aux Etats-Unis et en France sur le câble et le satellite. Si, dans Scrubs, Braff nous fait hurler de rire, il n’en est rien dans son film.

En effet, Garden state, dans un mélange d’onirisme et de réalisme, nous raconte les quelques jours qu’Andrew Largeman (que tous ses copains surnomment "Large") passe dans le New Jersey, lors du décès de sa mère. Large n’est pas revenu depuis neuf ans dans l’endroit où il a grandi. Il a connu une célébrité relative en faisant l’acteur dans une série, mais sa vie paraît en rade et son accoutumance aux antidépresseurs le rend plus absent que présent.

Ces quelques jours dans le New Jersey vont permettre à Large de se confronter aux non-dits du passé, c’est-à-dire finalement à lui-même. Il reverra un ami, devenu croque-mort dans un cimetière juif ainsi qu’une ravissante jeune fille un rien perturbée (Natalie Portman).

Récit d’initiation, portrait de groupe, réflexion sur la famille, on trouvera tous ces thèmes et d’autres encore dans ce premier film qui surprend dans son ambition comme dans sa réalisation. Bien sûr, des grincheux pourront lui reprocher de rentrer trop facilement dans la catégorie "film d’auteur du cinéma indépendant". Les mêmes reprochent à Woody Allen de faire toujours le même film.

À ces grincheux, répondons : heureusement que Woody Allen (référence assumée de Zach Braff) ne réalise pas Catwoman. En ce qui concerne Garden State, les intellectuels français, ces snobs devant l’Eternel, auraient préféré découvrir le film et l’encenser. Seulement voilà, le film a été un succès aux USA.

Voilà qui est encourageant. Ce panorama d’une jeunesse désaxée a eu du succès au pays de la bondieuserie triomphante.

Ajoutons deux choses :
- Natalie Portman est un délicieux bonbon fondant. Elle fera craquer ceux dont le cœur n’est pas encore noyé sous un océan d’ennui.
- Il y a un passage de toute beauté, dans une carrière (le garden state en question) avec The only living boy in New York, le titre de Simon et Garfunkel en fond sonore. La bande originale est vraiment appropriée à l’originalité du film.

La critique s’arrête là. Il ne faut pas en dire plus. Prenez le moyen de transport qui vous convient et allez en salle.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Mai 2005
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