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GENTE DI ROMA

Un film italien de Ettore Scola
Avec Giorgio Colangeli
Fabio Ferrari
et Stephania Sandrelli

2004 - 1h33
Un monstre du cinéma italien nous livre un film tendre et touchant qui laisse pourtant une drôle d'impression, un sentiment d'inachevé, entre testament et carnet de croquis.


Le fanfaron, La marche sur Rome, Les monstres, Nous nous sommes tant aimés, Affreux, sales et méchants, Une journée particulière… Ettore Scola est un vieux monsieur de 73 ans qui a donné au cinéma italien quelques-uns de ses films les plus marquants. Et comme il n'a plus rien à prouver, il choisit aujourd'hui de se faire plaisir, de proposer autre chose que les habituelles fictions ou documentaires projetés en salles. Avec Gente di Roma, il invente une autre sorte de cinéma qui mêle acteurs professionnels et scènes prises sur le vif, réflexions sur la vie et sur la mort, sur la mémoire et la perte de mémoire, sur le racisme et l'amour, sur la richesse et la misère…

Inclassable, Gente di Roma est un patchwork hétéroclite qui fait se succéder des séquences sans lien les unes avec les autres, sinon qu'elles se déroulent toutes à Rome, au cours d'une même journée. Du chômeur qui continue à partir travailler très tôt le matin pour ne pas dire à sa femme qu'il a perdu son emploi aux deux vieux (deux frères ?) qui se retrouvent Piazza Navona, à la tombée de la nuit, l'un clochard, l'autre riche…

On sourit souvent avec tendresse, on rit quelquefois de bon cœur, on s'interroge aussi sur le sens d'un propos ou d'une scène… mais l'on ne comprend finalement pas où Ettore Scola veut nous emmener. On a surtout l'impression de feuilleter, à son insu, le carnet de croquis d'un vieil artiste qui cherche l'inspiration dans la ville de sa jeunesse. Captivant mais un peu gênant.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Avril 2004
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