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     CiNéMa
 
GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK

Un film américain de George Clooney
Avec David Strathairn
Robert Downey Jr.
Patricia Clarkson
George Clooney
et Jeff Daniels

Warner Bros - 2006 - 1h33
Plutôt qu’un long film à thèse démonstratif, Clooney traite de la chasse aux sorcières en choisissant l’épure. Son film est oppressant, incisif et esthétiquement beau. Une réussite.


La manière dont commence Good night, and good luck est assez belle. Nous nous trouvons aux Etats-Unis en 1958, où des personnes, joyeuses pour la plupart, rendent hommage à Edward Murrow, célèbre journaliste de CBS, qui vient de recevoir un prix et s’apprête à faire un discours.

La salle est enfumée. Les hommes, cheveux courts et clopes entre les doigts conversent avec les femmes en robes de soirée. L’admirable photo en noir et blanc sculpte les ombres de visages. On entend une musique délicieusement Jazz.

Ce début de film nous place d’emblée dans une histoire du temps jadis. Une histoire des temps héroïques. En fait, le film raconte le combat mené par Ed Murrow, célèbre journaliste présentateur de l’émission See it now, contre la folie anti-communiste propagée par le sénateur Joseph McCarthy et qui aboutit dans la société à un véritable climat de plomb.

D’ailleurs, les moments les plus hallucinants de cette fiction sont les documents historiques qui retracent le travail de la Commission présidée par McCarthy. Le film est une fiction mais ces images d’époque sont bien réelles et nous montrent des scènes incroyables au sens propre. Et ce McCarthy qui transpire la fourberie ne pouvait être interprété par personne d’autre que lui-même. Quel odieux personnage !

Un point qui est remarquable dans ce film, est qu’il est romancé, que le personnage de Murrow par exemple, est certainement idéalisé et pourtant nous nous trouvons devant un film qui s’avère complexe et profond. Le film ressemble à son auteur George Clooney, spirituel, brillant ET plein de sens.

Il a su s’entourer d’une équipe de comédiens tous brillants mais dont aucun ne cherche à tirer la couverture à lui. Ces comédiens dont la plupart viennent du cinéma indépendant ou des séries télévisées, forment une troupe. Et David Strathairn en est le joyau.

Ce comédien d’une cinquantaine d’années a été vu dans de nombreux seconds rôles. On l’a repéré dans certains John Sayles. Ici son talent est magnétique et sa prestation peut autant faire penser à Gary Cooper qu’à James Stewart.

Oui, George Clooney aime les acteurs et sait les mettre en valeur. Il crée avec Good night, and good luck un drame en chambre. Un film aussi dense qu’élégant.

S’agit-il d’un récit où il faudrait lire en filigrane la mainmise sur les médias par George Bush ? Cela semble une lecture trop facile. Combat contre un régime qui menace de ne pas respecter la pluralité de pensée, qui n’hésite pas à terroriser le citoyen. Combat pour une télévision intelligente et qui ne participe pas à la crétinisation des masses, le film est tout cela et encore bien d’autres choses.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Janvier 2006
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