Un film français de Chantal Lauby
Avec Chantal Lauby
Armelle Deutsch
Rossy De Palma
Alain Chabat
et Bernard Menez
ARP - 2003 - 1h48
NE
ME FAIS PAS CES YEUX FURIBONDS
Un premier film aussi sincère que maladroit qui vaut surtout
par la personnalité de Chantal Lauby et sa capacité
à se moquer d'elle-même.
Dira-t-on jamais assez langoisse de lexecutive woman qui,
la cinquantaine se profilant à lhorizon, voit son univers
prendre inexorablement une teinte sombre et angoissante. Les rides
se creusent, les fesses sont moins fermes, les enfants quittent la
maison, les maris mettent les voiles pour des jeunettes et les amants
potentiels se font rares.
Dira-t-on jamais assez le désespoir du chroniqueur qui, la
fin du film se profilant à lhorizon, se demande comment
il va pouvoir dire tout le mal quil pense de la première
réalisation de Chantal Lauby, quil admire sincèrement
par ailleurs. Le scénario est banal, les acteurs sont peu convaincants,
la mise en scène est approximative et les moments réussis
sont rares.
Un film inégal
Si Laisse tes mains sur mes hanches souffre dune maladresse
touchante, il fait également preuve dune sincérité
évidente. Impossible de ne pas ressentir avec Odile (Chantal
Lauby) le désarroi de cette petite mort, dautant plus
difficile à assumer quelle est profondément injuste
: pourquoi vieillit-on ? Pourquoi la jeunesse éternelle nexiste-t-elle
pas ?
Dommage, dès lors, que lécriture du scénario
soit aussi peu rigoureuse et que la mise en scène soit aussi
peu maîtrisée. Lapparition plus ou moins brève,
des complices de toujours (Dominique Farrugia et Alain Chabat) ne
sauve pas un film qui, malgré quelques brillantes trouvailles,
laisse trop de place à de ridicules scènes "comiques"
(la battue des amis pour retrouver Odile disparue dans la fête
foraine, la prestation de Stéphane Bern dans une salle de gym,
linterminable duel de baiser...).
Allons, Chantal, ne me faites pas ces yeux furibonds...