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HARD CANDY

Un film américain de David Slade
Avec Ellen Page
Patrick Wilson
et Sandra Oh

Metropolitan Filmexport - 2006 - 1h43
Le petit chaperon rouge se révolte et s’en prend au grand méchant loup. Le premier film de David Slade aborde un sujet délicat et organise un huis clos opaque. La sucrerie est vraiment plus pimentée que prévue.


Sur Internet, deux personnes se draguent sur un forum et prennent la décision de se voir. Première surprise : Hayley a quatorze ans et Jeff a dépassé la trentaine. Ca n’a pas l’air de les déranger. Ils plaisantent. Les sous entendus sont nombreux. Jeff amène la jeune fille chez lui, dans son atelier de photographe.

L’ombre de la pédophilie plane sur cette rencontre. Hayley joue la provocation tandis que Jeff fait preuve d’une tendresse vénéneuse. Puis soudain, Jeff s’évanouit. Lorsqu’il se réveille, l’adolescente innocente a laissé sa place à une adepte de la justice radicale !

Le jeu de séduction était malsain et la suite se révèle mortelle. Jeff devient la victime et Hayley obtient le rôle du bourreau. Sadique, elle s’en prend violemment au trentenaire, surpris par tant de violence.

Au prix de nombreuses tortures, Hayley veut connaître la vérité sur la disparition d’une amie. Jeff est jugé coupable et quasiment condamné. L’incertitude sur les deux personnages évite les facilités sur le thème si difficile qu’est la pédophilie. Dans Hard Candy, c’est d’abord la morale, la grande victime.

Tendu, le film souffre peut-être d’une mise en scène répétitive et voyante. Réalisateur de clip, David Slade secoue un peu trop sa caméra lors des scènes d’action. Il n’avait pas besoin de tics visuels appuyés face à un sujet aussi fort. Le spectateur le remarque et se retrouve éloigné de la fiction.

Heureusement il y a les deux comédiens, Ellen Page et Patrick Wilson. La première, petite et chétive, effraie réellement et le second se sort d’un rôle extrêmement trouble. Face à eux, le spectateur va être malmené. Hard Candy ne laisse pas insensible : l’ambivalence est suffocante. C’est là, sa principale qualité et son premier défaut !


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Octobre 2006
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