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L’HERITAGE

Un film français
de Gela et Temur Babluani
Avec Pascal Bongard
Sylvie Testud
Stanislas Mehrar
et George Babluani

MK2 Diffusion - 2006 - 1h19
Après un premier film assez stupéfiant, 13 Tzameti, la famille Babluani retourne sur ses terres natales et observe l’énorme décalage entre l’Occident et la Géorgie. Un constat bancal mais authentique.


Le premier film de la tribu Babluani fut très remarqué : grand prix du médiatique festival de Sundance, 13 Tzameti était un film percutant, filmé en noir et blanc et d’une violence totalement maîtrisée. Pas parfait, le film, par ses fulgurances, se collait pour un bon bout de temps sur les rétines et les mémoires !

Travaillant en famille, le système de production se fait à l’économie, mais ils savent en tirer le meilleur. La preuve : L’héritage débarque quelques mois après la sortie du premier long métrage. Hélas, le résultat surprend beaucoup moins.

Un trio de Français arrive en Géorgie pour une histoire d’héritage. Deux d’entre eux passent leur temps à filmer et cela provoque quelques catastrophes. Lorsqu’ils décident de visiter le pays, ils vont découvrir les mœurs pour le moins étonnantes.

S’ils sont troublés par un géant faussement muet, ils sont fascinés par un drôle de duo : un vieillard taciturne et un jeune francophone. Ils transportent un cercueil vide : il est pour le vieil homme qui accepte d’être tué par un clan ennemi qui réclame vengeance.

Les trois Français vont suivre ce périple funèbre et les coutumes leur semblent incompréhensibles. Finalement, c’est ce trio qui effraie. Incapables de comprendre les mœurs du pays, ils se gavent de films et d’enregistrement. Le comportement des Français est épinglé par les deux cinéastes (le père et le fils) et c’est la bonne trouvaille du film.

Le reste du film est moins convaincant. Il y a une sorte d’amateurisme trop voyant. Certains acteurs sont hors sujet. Les paysages sont magnifiques et les réalisateurs de 13 Tzameti confirment un sens subtil du portrait. En un seul plan, toute une histoire se devine derrière un visage buriné, usé et ridé. La tribu Babluani, avec ses plans serrés, rend hommage aux hommes de ce pays. Mais ce respect bloque le rythme du film.

Le film dure moins d’une heure vingt. Il réussit pourtant à être long. Les auteurs étaient sûrement trop fascinés par ce retour au pays. Reste une belle sincérité, une intrigante réflexion sur le regard occidental et un horizon rural qui justifie que l’on s’intéresse à cet Héritage.


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Septembre 2006
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