Un film français de Thierry Klifa
Avec Gérard Lanvin
Catherine Deneuve
Emmanuelle Béart
Miou-miou
Géraldine Pailhas
Michaël Cohen
Claude Brasseur
et Valérie Lemercier
UGC - 2006 - 1h40
Deuxième
film seulement (après Une vie à t’attendre en
2004) pour cet ancien journaliste à Studio Magazine, mais déjà
une vraie "marque de fabrique" où transparaît
amour des acteurs et des histoires à l’intimisme universel.
Le Perroquet Bleu, un petit cabaret familial dans le vieux Nice. Son
propriétaire (Claude Brasseur) qui "tire sa révérence".
Une succession qui réserve quelques surprises et le passé
qui remonte à la surface… Les ingrédients du nouveau
film de Thierry Klifa sont classiques. Pourtant, par la minutie de
son écriture et par l’amour qu’il voue à
ses acteurs, Le héros de la famille est loin du petit film
nombriliste que son bref résumé pourrait laisser craindre.
Il y a d’abord la complexité de ses personnages, trop
rare dans le cinéma français. Un Gérard Lanvin
émouvant en Nicky, fils spirituel du défunt, qui ne
vit que pour Le Perroquet Bleu… et se trouve écarté
de l’héritage au profit de ses enfants, Marianne et Nino
(Géraldine Pailhas et Michaël Cohen) dont la vie est ailleurs
et qui n’ont qu’une hâte : vendre le cabaret. Et
puis il y a les deux anciennes épouses de Nicky. Alice (Catherine
Deneuve), la mère de Nino et Simone (Miou-Miou), la mère
de Marianne. Enfin, il y a Léa (Emmanuelle Béart), chanteuse
à la petite semaine, cabossée par la vie, qui se retrouve
embarquée dans ce "western" familial autour du cadavre
du vieux monsieur.
Aucun de ces personnages n’est enfermé par Thierry Klifa
dans un stéréotype commode pour les besoins du scénario.
Chacun aura, tour à tour l’occasion de se dévoiler
et d’aller au-delà des apparences et de son image.
Et c’est là qu’intervient le second coup de génie
du réalisateur. En s’entourant d’une distribution
éblouissante, il s’appuie sur des acteurs capables d’une
complexité exempte de cabotinage. Ainsi Catherine Deneuve,
qui incarne une ravissante garce à l’ironie ravageuse,
sait changer de registre à propos quand les circonstances l’imposent.
Tout comme Miou-Miou, bonne pâte sur laquelle chacun peut compter,
se révèle moins naïve qu’il n’y paraît
quand est révélé son secret, trop longtemps gardé.
Emmanuelle Béart est terriblement émouvante et Géraldine
Pailhas crève l’écran. Jusqu’à Gérard
Lanvin qui, en faisant toujours du Gérard Lanvin est, cette
fois, terriblement en phase avec son personnage (ce qui n’est
malheureusement pas toujours le cas…).
Bonne surprise française de cette fin d’année,
Le héros de la famille aurait mérité de sortir
un peu plus tôt pour figurer dans les bilans annuels qui prolifèrent
à cette époque…