Un film français de Christian Carion
Avec Michel Serrault
et Mathilde Seigner
Nord-Ouest Production - 2001 - 1h43
A
30 ans, Sandrine, une jeune femme déterminée à
vivre son rêve (devenir agricultrice) laisse derrière
elle Paris pour une ferme isolée sur le plateau du Vercors.
Pour elle, tout commence enfin.
De son côté, Adrien, vieux paysan résolu
à vendre son exploitation mais fatigué et désabusé
n'a pas envie de transmettre son savoir, surtout à une
Parisienne. Il lui cède sa ferme mais n'envisage pas
de l'aider.
Seule, Sandrine va s'occuper de la chèvrerie et veiller
à l'aménagement de l'ancienne étable en
gîte de montagne. Une manière nouvelle de mener
l'exploitation agricole. Dubitatif, Adrien va la regarder transformer
la ferme où il a passé toute sa vie. Un printemps
et un hiver pendant lesquels Sandrine et Adrien vont vivre côte
à côte et se heurter. Ils sont peu disposés
à s'écouter et décidés à
ne pas laisser les sentiments s'en mêler.
Mais il y a la rudesse de l'hiver, la curiosité qu'ils
ont l'un de l'autre et le respect qu'ils partagent pour leur
travail et les alpages. Petit à petit, ils vont se rapprocher
et s'attacher l'un à l'autre.
Pour cette histoire somme toute banale, Christian Carion a su
choisir, avec Michel Serrault et Mathilde Seignier, deux acteurs
qui donnent le meilleur d'eux-mêmes en ne surjouant jamais.
A aucun moment, la mise en scène ne privilégie
les bons sentiments à la réalité des conflits
entre ces deux univers si éloignés l'un de l'autre
que l'existence amène à se rencontrer. Sandrine
n'est pas une "gentille fille" qui fait le premier
pas et les concessions nécessaires au bon voisinnage.
Adrien refuse longtemps de même s'intéresser à
l'activité de Sandrine. Ce sont ces égoïsmes
"normaux" si rares au cinéma qui font la crédibilité
de ce film et l'attachement des spectateurs à des personnages
si vrais.
Si l'on ajoute à cela de magnifiques paysages et une
fin (presque) inattendue, on obtient un petit plat régional
amoureusement mitonné qui, s'il ne prétend pas
rivaliser avec les grands chefs de la cuisine cinématographique,
n'en demeure pas moins délicieusement roboratif.