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HOLY LOLA

Un film français de Bertrand Tavernier
Avec Jacques Gamblin
Isabelle Carré
et Bruno Putzulu

TFM - 2004 - 2h08
Le nouveau film de Bertrand Tavernier aborde, avec intelligence et réalisme, la difficile question de l'adoption. Un beau moment de cinéma et d'humanité.


Fléaux de la drogue (L627 en 1992), école en milieu défavorisé (Ca commence aujourd'hui en 1999), double peine (Histoires de vies brisées : les "double peine" de lyon, documentaire sorti en 2001)… Bertrand Tavernier a ce goût particulier de construire son œuvre en se penchant périodiquement sur certaines grandes questions de société de son époque.

En choisissant cette fois de traiter de la question de l'adoption et des difficultés kafkaïennes rencontrées par les futurs parents, il réussit une nouvelle fois son double pari : aborder un sujet important et réaliser un film de grande qualité.

Pour y parvenir, Bertrand Tavernier applique toujours la même recette. Il s'appuie sur une équipe (familiale) restreinte : sa fille Tiffany, son gendre Dominique Sampiero et sa maison de production Little Bear. Et il opte pour le plus grand réalisme possible, quelquefois à la limite du documentaire scénarisé. Holy Lola fonctionne sur ce schéma et s'en porte bien.

Pierre (Jacques Gamblin) et Géraldine (Isabelle Carré) ne peuvent pas avoir d'enfant et décident de partir adopter au Cambodge. Sur place, ils s'installent dans un petit hôtel occupé essentiellement d'adoptants français comme eux. Ils sympathisent avec quelques-uns, des affinités se créent et, rapidement, ils commencent leurs démarches. Espoirs, joies, peines, renoncements, révoltes : d'orphelinat en orphelinat, de paperasses administratives en entretien avec des fonctionnaires dépassés ou corrompus, Bertrand Tavernier nous transforme en compagnons de galère de ce couple qui, au cours de sa quête, passe par tous les sentiments du monde.

Interprétation émouvante de naturel de Jacques Gamblin et d'Isabelle Carré, scénario et mise en scène dignes et maîtrisés ne succombant jamais au pathos facile, la force de ce film réside aussi dans sa vocation documentaire et sa peinture du Cambodge d'aujourd'hui. Holy Lola, c'est deux heures de cinéma qui associe l'intelligence du cœur et celui de la raison. Assez rare pour que vous l'adoptiez à votre tour.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Novembre 2004
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