Un film français de Zabou Breitman
Avec Charles Berling
Bernard Campan
et Léa Drucker
Pan-Européenne - 2006 - 1h50
Pour
son deuxième film après Se souvenir des belles choses,
Zabou Breitman retrouve Bernard Campan et signe un film particulièrement
ambitieux et largement réussi.
Ensoleillés, radieux, les tournesols s’étendent
à l’infini. En regardant attentivement, on distingue
au loin, presque noyées dans l’immensité dorée,
deux silhouettes qui traversent le champ comme s’ils fendaient
les flots d’une mer encore calme mais déjà menaçante.
Parfaite allégorie du film, l’affiche de L’homme
de sa vie est sans doute l’une des plus réussies de l’année.
Tout comme le nouveau long-métrage de Zabou Breitman qui relève
d’une ambition rare dans le cinéma hexagonal.
Difficile, en effet, de s’attaquer de front à un sujet
aussi casse-gueule que celui de l’homosexualité masculine
"en milieu tempéré". Comprenez : le coup de
foudre d’un père de famille hétéro pour
un son voisin gay.
Il fallait une sensibilité toute féminine pour mener
à bien une telle entreprise sans jamais céder à
une quelconque facilité. Pour entraîner à sa suite
un public surpris de tant d’audace, mais vite conquis par la
qualité de l’écriture et de l’interprétation
du trio majeur de ce drame sentimental improbable.
Loin d’une narration linéaire et classique, la réalisatrice
opte pour une construction en abîme de sa love story estivale
iconoclaste. À force d’allers-retours permanents entre
les jours heureux de vacances drômoises et la soirée
inaugurale qui a permis la rencontre de Frédéric (Bernard
Campan) et Hugo (Charles Berling), Zabou Breitman tisse sa toile et
emprisonne impitoyablement personnages et spectateurs dans une passion
partagée.