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L'HOMME DU TRAIN

Un film français de Patrice Leconte
Avec Jean Rochefort
et Johnny Hallyday

Pathé - 2002 - 1h30
En sortant deux films la même année (après Rue des plaisirs en février dernier), Patrice Leconte donne l’illusion d’un metteur en scène actif alors qu’il n’a pas tourné la moindre scène cette année : les tournages des deux films datent de 2001. Et dans les deux cas, c’est sur une impression mitigée que le spectateur sort de la projection.

L’homme du train, c’est Milan (Johnny Hallyday), mystérieux aventurier, débarqué dans cette petite ville tranquille de province et hébergé par hasard pendant quelques jours par M. Manesquier (Jean Rochefort), un professeur de français à la retraite qui vit seul dans la maison familiale. Ces deux là, aussi différents qu’il est possible, font connaissance et s’apprivoisent jusqu’à la "fusion".

Film minimaliste par son décor, son ambiance et sa distribution (Jean Rochefort et Johnny Hallyday se partagent l’essentiel des scènes), L’homme du train repose presque entièrement sur l’adaptation et les dialogues de Claude Klotz. Le résultat n’est toutefois pas sans charme mais souffre de deux faiblesses majeures : l’interprétation poussive de notre rocker national et une fin onirique hors de propos.

Définitivement, Johnny Hallyday n’est pas un acteur. Malgré un rôle sur mesure de baroudeur taiseux et des répliques qui collent au personnage, la voix du Johnny acteur sonne faux, ses mots semblent récités... Et malgré le bel enthousiasme d’un Jean Rochefort soutenant chaque scène de tout son talent, on souffre à chaque fois que la balle est dans le camp de Milan le solitaire.

Enfin, après 1h30 de mise en scène cohérente, faute de mieux, Patrice Leconte se prend les pieds dans le tapis d’une fin pseudo-poétique interminable, pleine jusqu’à la gueule d’ellipse et de second degré. Tout avait bien fonctionné jusque-là. On s’était lentement attaché à ces personnages. On avait ressenti ce transfert s’opérer entre eux : Milan goûtant aux plaisirs d’une vie rangée, Manesquier découvrant, comme un gamin, les frissons d’une vie en marge de la société. Et puis patatras ! Il aura fallu ces dix minutes "inspirées" pour mettre à bas tout l’édifice.

Comme aurait pu le dire Manesquier, jouant au caïd devant sa glace : "Damned, encore raté !"


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2002
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