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UN HOMME, UN VRAI

Un film français
de Arnaud et Jean-Marie Larrieu
Avec Mathieu Amalric
et Hélène Fillières

Haut et Court - 2003 - 2h00
UN HOMME, UNE FEMME
Deux jeunes cinéastes fins et pleins d'humour pour un premier film plus profond qu'il n'y paraît.



À l’occasion de la réalisation d’un film publicitaire d’entreprise, Boris, jeune réalisateur, rencontre Marilyn, une belle brune qui travaille dans la-dite entreprise. C’est le début d’un drolatique coup de foudre et le premier acte d’un film qui en comptera trois.

Un homme, un vrai est ainsi bâti selon les règles d’une pièce de théâtre. On y trouve des malentendus, des retournements de situations. Mais ne nous y trompons pas : nous sommes au cinéma. La première partie (ou premier acte) s’apparente aux comédies américaines et Mathieu Amalric et Hélène Fillières interprètent des rôles cousins de ceux de Cary Grant et Katherine Hepburn. La seconde partie nous emmène en Espagne, sur une île où prolifèrent les lézards. La troisième partie prend des allures de western ou de film d’aventures dans les montagnes Pyrénéennes.

À première vue, le scénario n’est pas révolutionnaire : un homme rencontre une femme. Ils s’aiment et ont des enfants. La routine et l’usure du couple les séparent. Ils se retrouveront quelques années plus tard.

Molière et Marivaux

Méfions-nous des apparences. Les frères Larrieu (à qui nous devons La brèche de Roland, moyen-métrage sorti en salles il y a deux ans) sont fins et pleins d’humour sous leurs airs de solides gars du Sud. Ils filment avec grâce ce qui dans un autre film deviendrait cliché. Ils bénéficient également d’un couple de comédiens qui donnent au film son charme et sa consistance.

Dans la dernière partie, on se demande si le film ne va pas succomber sous les assauts des "hasards" auxquels les cinéastes tentent de nous faire croire. Il y a des moments où l’on se dit : "Quand même, c’est un peu gros !" Et puis, le mouvement s’inverse. On se rappelle Molière et Marivaux et l’on comprend que les coups de théâtre les plus tarabiscotés sont à prendre pour ce qu’ils nous révèlent de nous-mêmes. Si la vie est une pièce, quel costume décidons-nous de porter ?

Au final, Un homme, un vrai a de la profondeur sous ses paillettes. Cela dit, il faut raison garder. Toute la presse française encense ce film comme s’il s’agissait d’un chef d’œuvre. Ne l’étouffons pas sous les louanges. C’est un chouette film et pour peu que vous acceptiez ses conventions, vous passerez un très bon moment.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Juin 2003
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