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HOOLIGANS

Un film américain de Lexi Alexander
Avec Elijah Wood
Charlie Hunnam
Claire Forlani
et Leo Gregory

Metropolitan Filmexport - 2005 - 1h49
À quelques jours de la coupe du monde de football, une femme prend sa caméra et observe la violence ordinaire de quelques supporters. Malaise assuré !


La semaine dernière sortait Zidane un portrait du XXIe siècle, film expérimental à la gloire d’un artiste du ballon rond. Les distributeurs sortent maintenant une vision moins réjouissante de l’univers du football avec Hooligans, chronique tragique sur les adeptes de l’ultra-violence à la fin des matchs.

Matt, petit américain naïf, viré d’Harvard à la place de son colocataire, vient rendre visite à sa sœur, installée à Londres. Il y rencontre Pete, un lads énervé qui passe ses week-ends à s’échauffer avec les différents clans de supporters de la capitale. Fasciné par la violence et la passion de ces gars ordinaires, Matt retrouve un peu de fierté et se prend au jeu…

La réalisatrice Lexi Alexander n’épargne pas le spectateur. Les scènes de bastons sont sévèrement réalistes. La caméra s’attarde sur les gerbes de sang, les corps roués de coups, les poings s’écrasant sur les visages. La distanciation aurait pu être plus efficace car le souci esthétique révèle la fascination malsaine partagée par le personnage principal et la réalisatrice.

Le film a bien du mal à prendre du recul avec ces énergumènes défoncés à la bière et à la haine. Certes, ils passionnent lorsqu’ils apparaissent comme des personnes intégrées : leur schizophrénie en dit beaucoup sur les hommes.

L’œuvre est plus douteuse lorsqu’elle analyse les hooligans comme les victimes d’une tragédie plus intime, plus universelle. Le mélo s’entremêle maladroitement à la chronique de la haine ordinaire. Le film serait tenté de justifier l’imbécillité et la sauvagerie. Drôle de constat !

Ambigu, Hooligans a néanmoins une qualité : Charlie Hunnam ! Si Elijah Wood arrive à être crédible en apprenti voyou, l’Anglais Charlie Hunnam impressionne en leader charismatique de clan. Énergique, séduisant, déroutant, le comédien crève littéralement l’écran. Avec un tel acteur, on veut bien comprendre que la réalisatrice se soit éloignée de la dénonciation. Il symbolise parfaitement l’hypnose que provoque cette violence médiocre et encore d’actualité !


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Juin 2006
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