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     CiNéMa
 
FOG
Un film américain de Rupert Wainwright
Mars Distribution - 2006 - 1h36

HORRIBLIS
Un film américain de James Gunn
UIP - 2006 - 1h36

SILENT HILL
Un film américain de Christophe Gans
Metropolitan FilmExport - 2006 - 2h07
Une salle de cinéma est le seul endroit où la peur est un sentiment savoureux. Redouter la prochaine image, se crisper dans son fauteuil, écouter sa voisine hurler, partager le même effroi que les autres spectateurs, sont quelques plaisirs masos à exclusivement ressentir dans les salles obscures.


L'horreur et l'épouvante sont des genres très prisés et visiblement difficiles à maîtriser puisque Fog, par exemple, est une œuvre incapable de rendre hommage au film original, superbe réussite, franchement angoissante, signé John Carpenter.

C'est donc la même histoire : des fantômes réclament vengeance cachés derrière un brouillard qui envahit une petite ville côtière. Mais là où le minimalisme de Carpenter faisait flipper (avec en plus une réflexion sur la création de l'Amérique), le nouveau Fog est juste politiquement correct et aussi passionnant qu'un épisode de Derrick. C'est tout mou. Tout téléphoné. Tout nase.

Fog est l'archétype du mauvais remake : une volonté débile d'éclairer toutes les zones d'ombre de l'original, un gommage de toute ambiguïté et toute contestation, un casting idiot (des d'jeun's beaux et lisses qui jouent dans des séries télé) et des effets spéciaux spectaculaires et inutiles. En plus, le film se permet de changer la fin de manière tout à fait grotesque. Fog veut dire "brouillard" en anglais. Ici, ca veut dire "du vent" !

Il faut être plus clément à l'égard d'Horribilis, titre crétin pour un film qui s'y connaît en références horrifiques. Un gros virus se cache dans une petite météorite qui s'écrase dans une petite ville américaine peuplée de rednecks bas du front. Le virus s'installe dans le corps d'un riche fermier qui se met à muter en steak tartare gluant et géant.

La bestiole provoque des catastrophes et le shérif va avoir du pain sur la planche pour empêcher la propagation du virus qui transforme les victimes en zombies affamés, et, à l'occasion, sauver la jolie blonde de service !

Horribilis mixe Le Blob avec Tremors, avec un ajout de Society, avec d'autres séries B d'horreur bien débiles et jouissives des années 80. Le résultat est stupide mais très agréable.

Dans le film, il y a des zombies cracheurs d'acide jaune, une blonde gonflée comme une montgolfière, des petites bestioles qui glissent dans la gorge, un énervé de la gâchette découpé en deux, des festins anthropophages et d'autres réjouissances craspecs mais assumées par James Gunn, scénariste de L'Armée des Morts, remake cette fois ci tout à fait acceptable.

Mais l'horreur rigolarde d'Horribilis est vite oubliée face au travail impressionnant de Christophe Gans (à qui l'on doit aussi le kitsch et sympathique Pacte des Loups) pour les besoins de l'adaptation d'un jeu vidéo, Silent Hill.

Grand amoureux du cinéma bis, Gans connaît ses classiques et brasse les références tout en créant un vrai univers cohérent donc respectueux du jeu vidéo. Comme dans ses autres films, Silent Hill emprunte au manga et, comme il s'agit ici d'horreur, il cite Hellraiser et quelques perles du film d'horreur déviant ! Et pourtant l'histoire d'une mère à la recherche de sa fille dans une ville hantée, ne semblait pas la meilleure source de joie pour amateurs de série B.

Heureusement les images sont superbes. Quelques visions se collent définitivement dans nos rétines. L'hémoglobine coule abondamment. Les auteurs ne lésinent pas sur le gore. Gans a le sens du spectaculaire et le prouve avec générosité !

C'est d'ailleurs la limite de l'adaptation. Dévoué à rendre un parfait hommage au jeu vidéo, le cinéaste français s'attache à une histoire trop ampoulée qui répète les réflexes du support original. En gros le personnage passe d'un niveau à un autre avec une découverte glauque et sanglante à chaque "level". Au cinéma, ce système devient pourtant vite répétitif et ennuyeux. Reste le travail visuel, franchement réussi et qui place le film comme une vraie (mais hélas longue) expérience de cinéma d'horreur. Après les larmes (Fog), le rire (Horribilis), quelques frissons (Silent Hill) sont tout de même les bienvenus dans ce genre si exigeant et toujours autant mésestimé !


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Mai 2006
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