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     CiNéMa
 
HUMAN NATURE
 
Un film américain de Michel Gondry
 Avec Patricia Arquette
Rhys Ifans
et Tim Robbins
 
Good Machine - 2001 - Durée 1h36
Ce premier long métrage de Michel Gondry, d’ordinaire plus habitué aux fresques des clips musicaux (Bjork, Rolling Stones, Kravitz...), sans rester dans les annales d’un genre de plus en plus galvaudé, mérite néanmoins qu’on s’y attarde quelques 96 minutes.

En effet, sous ses airs de joviale comédie burlesque, cette fable naturaliste (le qualificatif "naturiste" semblant toutefois, dans le cas présent, plus approprié !!!) distille sournoisement quelques messages philosophiques, certes pas révolutionnaires (rappelez-vous de l’Enfant Sauvage de Truffaut ou, plus près de nous, de Greystoke avec notre Tarzan national), mais cependant assez bien sentis pour devoir s’y arrêter quelques instants : qu’est-ce qui différencie fondamentalement l’homme de l’animal ? L’homme ne se caractériserait-il pas plus par ses travers, bassesses et autres cortèges de caprices que par ses qualités intrinsèques ? L’homme est-il mauvais naturellement ou bien apprend-t-il à le devenir ?

Autant de questions auxquelles le trio d’acteurs principaux du film se gardera bien de vous répondre de façon définitive et convenue. Mais comment en vouloir à un Tim Robbins (Nathan) en scientifique refoulé, névrosé et... mort de surcroît, à une Patricia Arquette (Lila) en femme aimante et complexée depuis son adolescence par un problème "poilant" de dérèglement hormonal et enfin à Rhys Ifans (Puff) en homme-sauvage à la libido exacerbée encore plus loufoque que dans son rôle de co-locataire barjot dans Coup de Foudre à Notting-Hill ?

Oscillant entre le grotesque (l’éducation de Puff et son apprentissage du refoulement de ses plus ardents instincts) et le sordide (du bon usage des couverts en toutes circonstances), ce film offre l’avantage inestimable de butiner subtilement entre les genres : de la romance surréaliste très "woodyallenienne" à l’étrangeté et incongruité de certaines situations pouvant tout aussi bien faire penser aux Monthy Python période Sens de la Vie qu’aux productions des frères Cohen.

Suffisamment rare pour ne pas vous en privez…


Stéphane Muller
© Jowebzine.com - Octobre 2001
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