Un film français de Enki Bilal
Avec Linda Hardy
Thomas Kretschmann
et Charlotte Rampling
UFD - 2004 - 1h42
Vous
serez marqués par la poésie et l’esthétique
de cette œuvre fantastique et unique où les dieux
déchus croisent des humains trop humains errant dans
un futur en perdition.
Jill a les cheveux bleus une peau blanche un regard troublant
et des larmes qui collent à la peau. Qui est-elle ? Que
fut-elle ? Quel avenir a-t-elle ? Elle ne le sait pas. Bilal
conte une bribe de son histoire. Autour d’elle s’entremêlent
la vie des hommes et des Dieux, l’ambition d’un
dictateur à bout de souffle et les désillusions
d’un rebelle toujours jeune, l’hybris et la poésie.
Pas question de plus dévoiler l’histoire.
Alors qu’est ce qu’Immortel ?
C’est une histoire d’amour.
C’est un tableau.
C’est un rêve.
C’est un poème.
Pour les amateurs des bandes dessinées de l’auteur,
tous les ingrédients sont rassemblés : ses images
sont des œuvres d’art ; le cadrage, les panoramas
de la mégalopole, les couleurs plongent le spectateur
dans son monde et son esthétique.
Mais Bilal a su dépasser ses histoires de papier, fondre
la Foire aux immortels, la Femme piège et le Sommeil
du monstre, pour créer une œuvre originale et nouvelle.
Même ceux qui relisent chaque tome une fois par semaine
sauront apprécier ; si les clins d’œil aux
ouvrages sont nombreux, ce n’est pas l’essentiel.
Le monde est futuriste et dégénéré
; technologie et rapports humains ne sont que des ersatz de
ce qu’ils furent dans le monde que nous connaissons, les
Dieux eux-même n’ont plus rien d’exemplaire,
New York n’en a plus que le nom ; les personnages humains
croisent les acteurs de synthèse tous un peu semblables
singularisant des héros seuls à être encore
libres.
Et puis il y La femme. Femme de toujours. Fragile et dangereuse.
Innocente et feinte. Brèche dans la cuirasse de l’homme.
Visage auquel vous ne pouvez vous fermer, qui impose sa fragilité,
qui vous oblige à vous en charger. Envoûtante toujours.
La vraie référence de l’auteur c’est
peut-être Siècle d’amour (Enki Bilal, éd.
Fayard), une rétrospective des heurs et malheurs du siècle
dernier, illustrés par des tableaux de femme où
la sensibilité et l’amour des femmes éclataient
à chaque page.
Allez-y pour aimer, détester, être subjugués
ou être déçu. Allez-y parce que des films
de la sorte il n’y a pas. Oubliez ce que vous avez vu
jusque là. Laissez votre passé et votre futur
au vestiaire, ce que vous contera Bilal, c’est tout ça.