Un film français de Patrick Bouchitey
Avec Patrick Bouchitey
Laetitia Chardonnet
Isabelle Renauld
Ariane Ascaride
et Patrick Catalifo
Europacorp - 2005 - 1h40
Pour
son deuxième film, quinze ans après Lune froide,
Patrick Bouchitey propose un thriller littéraire qui,
malheureusement, ne s'affranchit jamais des conventions du genre.
Quand un universitaire (Patrick Bouchitey), écrivain
raté en mal d'inspiration, découvre le manuscrit
brillant confié par l'une de ses élèves
(Laetitia Chardonnet), une idée perverse germe dans son
esprit frustré : faire disparaître la jeune fille
et s'approprier son texte. C'est la mise en œuvre de cet
enlèvement et de la séquestration qui s'ensuit
que Patrick Bouchitey décrit par le menu dans son deuxième
film en tant que réalisateur : Imposture.
Outre ses qualités de cinéaste, il marque là
doublement son faible pour les auteurs. D'abord parce que quinze
ans après Lune froide, adapté de Charles Bukowski,
il choisit à nouveau un roman, de José Angel Manas
cette fois (malheureusement, Manas n'est pas Bukowski et Bouchitey
s'est quelque peu assagi…). Ensuite en situant dans le
microcosme littéraire la part de lumière d'un
film qui fait alterner les projecteurs des médias et
le faible éclairage de la cave dans laquelle il retient
prisonnière la véritable auteure du livre qui
lui vaut enfin le succès.
On l'aura compris, aucune surprise ni ambiguïté
troublante ne viennent perturber le déroulement académique
d'une intrigue dont tous les "rebondissements" sont
connus à l'avance. On appréciera pourtant la mise
en scène sensible de la lente évolution des rapports
entre le kidnappeur et sa prisonnière, et le renversement
progressif des rôles jusqu'à un final malheureusement,
lui aussi, des plus convenus…
Pour l'anecdote, on relèvera la présence appuyée,
dans la dernière séquence du film, de deux des
auteurs les plus friands de reconnaissance médiatique
: l'attachant Daniel Picouly et l'insupportable Frédéric
Beigbeder (dont seules les mauvaises langues pourraient imaginer
que sa présence est liée au titre du film).