Un film américain de Daniel Algrant
Avec Al Pacino
Kim Basinger
et Ryan O'Neal
CTV International - 2003 - 1h40
Influences
n’est pas un grand film, mais Al Pacino est un immense acteur
et, ne serait-ce que pour cette raison, il faut aller au cinéma
cette semaine
Influences raconte une nuit et une journée d’Eli Wurman,
attaché de presse New-Yorkais en fin de parcours qui prépare
une soirée de bienfaisance (en faveur d’immigrés
sur le point d’être expulsés par le Maire !) et
doit gérer un des plans foireux d’un acteur dont il manage
la carrière. Il va être le témoin récalcitrant
d’un meurtre et se retrouver pris dans une machination qui le
dépasse.
L’histoire est filmée correctement, mais il faut bien
reconnaître qu’elle n’est pas follement originale.
Du reste, nous nous trouvons face à l’intrigue dans le
même état d’esprit qu’Eli. On la suit du
coin de l’œil et on s’en fout un peu en même
temps. C’est une histoire qui aimerait se donner des grands
airs, nous prendre au col en nous disant qu’elle a du sens.
Malheureusement, le scénario fonctionne selon le système
"marabout-bout de ficelle" ou, disons, le système
copier-coller.
Nous sommes davantage intéressés par la performance
d’Al Pacino. Le temps a passé et laissé ses empreintes
sur le visage de Pacino. Il a tantôt 50 ans, tantôt 70
balais. On le regarde, on le dévisage, on le scrute. Il est
le principal argument du film et emporte l’adhésion en
vieux loup usé par trop de combats et le mélange de
trop de médicaments. Il a la même coupe de cheveux que
dans Simone et cela ne lui va pas du tout. Il ressemble à un
hibou hirsute et pourtant, en l’observant, il est évident
qu’il est un monstre sacré.
Cinéastes du monde entier, O vous, les frères Coen,
Scorsese et toi, Brian De Palma, qui l’a magistralement dirigé
dans L’impasse, son dernier chef d’œuvre : faites
quelque chose les gars, Pacino est un trésor. Il faut simplement
qu’il arrête d’aligner les films mineurs dans lesquels
il n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent !
Vous pouvez voir ce film par désœuvrement, par flemme
des mois d’été. Vous pouvez aussi le voir si vous
considérez que Kim Basinger est largement sous-estimée.
N’était-elle pas sublime dans LA Confidentiel ? Et bien
dans ce film bancal, elle est à nouveau magnifique. On comprend
que Pacino en soit tourneboulé. Elle est (dans le film) la
femme de son frère qui s’est suicidé. Elle est
sensible, drôle, douce et si belle que le spectateur, au sortir
de la salle, se met à guetter la moindre blonde de quarante
ans en gémissant à la lune.
Non, décidément, tous les films à moitié
réussis ou à moitié ratés n’ont
pas d’aussi excellents acteurs à se mettre sous la dent.
Ajoutons à ce duo, Tea Leoni en actrice de série télé
accro à la dope et Ryan O’Neal en parodie de Warren Beatty.
Niveau moyenne d’age, nous ne sommes pas dans American Pie et
ça fait du bien.