Un film français de Laurent Tuel
Avec Fabrice Luchini
Johnny Hallyday
Guilaine Londez
Antoine Duléry
Et Elodie Bollée
Mars Distribution - 2006 - 1h30
"Et
si Johnny n’existait pas ?" s’interroge l’affiche
du film. "Un autre le remplacerait !" répond illico
Laurent Tuel dans un film plus pertinent qu’il n’y paraît.
Un cauchemar. Il n’y a pas d’autre terme. Fabrice (Fabrice
Luchini) nage en plein cauchemar lorsqu’il revient à
lui après avoir perdu connaissance : Johnny Hallyday, son idole
absolue… n’existe pas. Mieux (ou pire), il n’a jamais
existé, personne ne le connaît et la star qui remplit
le Stade de France s’appelle Chris Summer ! Passés la
stupeur, l’abattement puis le désespoir, Fabrice décide
de comprendre ce qui s’est passé et de partir à
la recherche du seul, de l’unique : de Jean-Philippe Smet dit
Johnny Hallyday.
Dans une comédie intelligente dont le scénario ne se
limite pas à une vague intention de départ excitante,
Laurent Tuel (qui signe ici son troisième film après
Le rocher d’Acapulco en 1996 et Un jeu d’enfant avec Karin
Viard et Charles Berling en 2001) n’hésite pas à
développer une histoire offrant plusieurs niveaux de lecture.
Le désarroi d’un fan, bien sûr, mais surtout l’interchangeabilité
des "stars" qui nous font rêver, le tout emballé
dans un univers proche du fantastique, surprenant dans ce contexte.
Impeccablement interprété par un Fabrice Luchini épatant
et un Johnny Hallyday parfait de sobriété et de justesse,
Jean-Philippe sonne fort et drôle sans temps mort excessif ni
remplissage exaspérant. Laurent Tuel se permet même quelques
originalités rares à ce niveau, parmi lesquelles un
clin d’œil appuyé au Podium
de Yann Moix et, luxe suprême, une belle ultime séquence,
à la fois point final idéal et points de suspension
intrigants…