Un film américain de Nick Cassavetes
Avec Denzel Washington
Robert Duvall
Anne Heche
et James Wood
Metropolitan Filmexport - 2002 - 1h40
Un
couple afro-américain (cest le terme officiel) modeste
dont le fils est atteint dune grave déficience cardiaque
se trouve brutalement confronté au système de santé
américain : labsence de couverture sociale remplacée
par des assurances individuelles. John et son épouse ont bien
une assurance, mais pas de celles qui couvrent une intervention chirurgicale
de cette importance. Conclusion imparable de ladministration
hospitalière : désolé M. Archibald, mais nous
ne pouvons pas soigner votre fils puisque vous nen avez pas
les moyens
Le vrai titre de ce film de Nick Cassavetes aurait plutôt dû
être : La totale.
Jimagine la scène dici. Un producteur très
malin (pléonasme) demande à un scénariste talentueux
(James Kearns) de lui concocter un film très complet, avec
toutes les options (comme on le dit dune voiture). En vrac,
il faut y mettre : de laction, du social, du politiquement correct,
de lémotion, du tragique, du comique, des gentils, des
méchants (mais pas trop et qui finissent par redevenir gentils),
du suspens, de lAmérique profonde (la vraie, celle qui
bosse dans la sidérurgie, qui regarde la télé,
joue au base-ball et nouvre jamais un livre - un quoi ?), du,
du, du Nen jetez plus lécran est plein !
Vous laurez compris, John Q est le prototype du film que lon
aimerait haïr. Malheureusement, comme rien nest simple,
on se retrouve dans linconfortable position dite du "cul
entre deux chaises". Un peu comme pour une belle voiture (poursuivons
la métaphore) : on sait quelle pollue et lon ne
peut ignorer les matières premières grossières
qui la composent (acier, plastique, textiles synthétiques,
peinture au plomb ), on nen est pas moins admiratif du
résultat final (ligne, performance ).
John Q fonctionne sur le même mode. On a beau voir de quoi ce
film est fait, on ne peut sempêcher dadhérer
au propos et de louer à chaque instant le réalisateur
de ne pas en avoir fait trop, de toujours flirter avec la limite sans
jamais la franchir. Et finalement on lui en sait gré. Malgré
ses pêchés originaux, le film est sauvé par un
humanisme fondamental et une relative retenue. Ils sont forts ces
Américains