Un film américain de Niki Caro
Avec Charlize Theron
Sissy Spacek
Frances Mcdormand
Richard Jenkins
et Woody Harrelson
Warner Bros - 2006 - 2h04
Egalité
des droits hommes/femmes, lutte contre la discrimination sexuelle
: quand une femme décide de se battre contre la loi des hommes,
la bataille est sans merci.
Minnesota, fin des années 80. Séparée de son
mari et mère de deux enfants, Josey Aimes (Charlize Theron)
est contrainte de prendre un emploi dans l'exploitation minière
de la petite ville où elle est venue s'installer. Mais la mine
est un univers presque exclusivement masculin et les rares femmes
qui y sont employées subissent une discrimination dure de la
part de leurs collègues masculins : plaisanteries douteuses,
brimades incessantes et harcèlement continu sont leur quotidien.
Face à cette situation insupportable, et ses vaines protestations
auprès des syndicats et de la direction, elle décide
de porter l'affaire devant les tribunaux…
Petite sœur spirituelle de Norma Rae (un film de Martin Ritt,
avec Sally Field, sorti en 1979) et d'Erin Brokovitch (un film de
Steven Soderbergh, avec Julia Roberts, sorti en 2000), Josey Aimes
est le portrait d'une femme qui, au plus fort de son désarroi,
décide de se battre plutôt que de baisser les bras.
Et, étonnamment, d'un sujet dont on peut craindre le pire quand
il tombe entre les mains pataudes du cinéma américain,
Niki Caro tire un film dur et réaliste qui fait la part belle
à la description crue d'une réalité peu reluisante
que d'autres auraient été tenté d'escamoter "pudiquement".
Pas de ça ici : l'idéal américain n'a vraiment
rien d'idéal, les mœurs du pays profond sont pour le moins
primitives et les mobiles home branlant plus nombreux que les villas
avec piscine. Dans ce contexte, la prise de conscience de cette femme
et sa décision de lutter contre l'intolérable sont tout
sauf évidentes. Et le parti pris relativement sobre et réaliste
de Niki Caro aussi surprenant que pertinent. Jusqu'aux scènes
de tribunal qui restent "accessoires" quand d'autres s'y
seraient vautré complaisamment.
Autant de bonnes surprises (plus une : le choix de Bob Dylan pour
assurer la bande son de cette lutte pour les droits des femmes) qui
portent le film de bout en bout, sans que jamais il ne verse dans
le pathétique, le pompier ou le donneur de leçon. Seule
fausse note, le "panneau" final proclamant que de cette
victoire d'une femme seule contre tous, intervenue à la fin
des années 90 a été le point de départ
d'une sorte de "mouvement d'émancipation que les femmes
du monde entier attendaient (sic)". Ethnocentrisme, quand tu
nous tiens…