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     CiNéMa
 
DU JOUR AU LENDEMAIN

Un film français de Philippe Le Guay
avec Benoît Poelvoorde
Rufus
Anne Consigny
Bernard Bloch
et Constance Dollé

Mars Distribution - 2006 - 1h33
"C’est quand le bonheur ?" demandait Cali l’année dernière. "À partir de mardi matin", lui répond indirectement Benoît Poelevoorde cette année avec le nouveau film de Philippe Le Guay (Le coût de la vie), Du jour au lendemain.


C’est en effet dans la nuit du lundi au mardi que la vie de François Berthier à changée. Le lundi encore, il n’était qu’un minable employé de banque méprisé de ses voisins, de son patron, de ses collègues, du vigile faisant le pied de grue devant son agence et même du marchand de journaux. Sa femme l’avait quittée, ses voisins faisaient l’amour bruyamment au moment où il voulait s’endormir, le chien des retraités du dessous aboyait sauvagement à partir de six heures du mat’ et sa cafetière lui sautait à la figure…

Et puis, ce mardi matin tout a changé : une sonate pour flûte le réveille en douceur à la place des aboiements habituels, sa cafetière fonctionne parfaitement bien, le marchand de journaux lui adresse un sourire et le vigile la parole pour le saluer par son nom. Jusqu’à son patron qui lui offre une promotion inattendue quand il le menaçait la veille encore de le foutre à la porte !

Alors je vous pose la question, et François Berthier se la pause avec plus d’acuité encore : que s’est-il passé dans la nuit de lundi à mardi pour que tout change à ce point dans sa vie ?

Problématique exposée, il reste une petite heure à Philippe Le Guay pour développer sa théorie qui, autant vous prévenir d’emblée, ne révolutionne pas la pensée humaine. En gros, le bonheur ça se décrète et ça fonctionne sur le principe des vases communicants : si j’ai plus de réussite (et donc de bonheur), c’est que quelqu’un, quelque part, en a moins (je vous avais prévenu, rien de particulièrement puissant…) !

Mais si Du jour au lendemain ne fait pas sensiblement progresser la recherche philosophique, l’énergie et la vis comica de Benoît Poelvoorde excellent à nous entraîner dans son sillage jusqu’au bout d’une logique qui l’amène au bord de la dépression. On s’amuse beaucoup, on regrette quelques dérapages, on est heureux de revoir, même brièvement, l’inoubliable Robert Castel, on regrette que le grand Rufus soit si rare au cinéma… et on cesse de respirer chaque fois qu’Anne Consigny et son délicieux phrasé paraissent à l’écran.

Bref, Du jour au lendemain est un honorable divertissement qui se regarde sans déplaisir ni déshonneur, mais risque de s’oublier aussi vite que son titre le suggère…


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Mars 2006
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