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IL NE FAUT JURER DE RIEN !

Un film français de Eric Civanyan
Avec Gérard Jugnot
Jean Dujardin
et Mélanie Doutey

SND - 2005 - 1h35
Tous les ingrédients semblaient réunis pour un film qui se revendiquait de pur divertissement. Lourdeur, approximation et vulgarité : le résultat est malheureusement loin des promesses entrevues.


On le sait depuis toujours, le film de cape et d’épée est au cinéma français ce que le western est au cinéma américain. Du Capitan à Fanfan la Tulipe, les héros flamboyants manieurs de fleurets non-mouchetés et tombeurs de ces dames ont toujours eu leur place dans nos cœurs de grands enfants.

C’est sans doute en pariant sur cette faiblesse bien excusable du public qu’Eric Civanyan (Eric qui ?) a imaginé cette histoire fort peu crédible et le personnage de Valentin, confié à l’incontournable Jean Dujardin.

Valentin est un bon à rien qui vit aux crochets de son oncle, dépensant sans compter les deniers chèrement acquis par ce dernier : beuveries, amours tarifées, duels et beaux habits sont les passions exclusives du jeune homme. Pourtant cet oncle (Gérard Jugnot), commerçant cupide, à d’autres projets, autrement ambitieux, pour son neveu : séduire et épouser la jeune Cécile de Mantes (Mélanie Doutey), dernière héritière de l’une des plus belles maisons de France.

Tous les ingrédients d’une comédie légère et trépidante mêlant humour, action et romance sont en place. Et c’est bien sur ce terrain que tente (avec succès, je le crains) de nous entraîner la promo d’un film qui s’avère pourtant très décevant. L’histoire tient à peine debout, les acteurs, faute d’un texte et de répliques dignes de ce nom, cabotinent à qui mieux mieux et le réalisateur appuie chaque situation comme un forcené de peur, sans doute, que le spectateur n’en saisisse pas clairement le piquant.

Bref, vous l’aurez compris, on s’ennuie ferme devant cet immense gâchis qui prouve une fois de plus que trois "vedettes" et un pitch intéressant ne suffisent pas à faire un film de qualité. Faute d’avoir suffisamment travaillé son scénario et ses dialogues, Eric Civanyan dépense le budget généreux octroyé sans discernement par ses producteurs. Tant pis pour eux, tant pis pour nous, tant pis pour le cinéma français…


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2005
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