Un film américain,
français et néerlandais
de Larry Clarke et Edward Lachman
Avec Adam Chubbuck
James Ransone
Tiffany Limos
Stephen Jasso
et James Bullard
UFD – 2003 – 1h35
Interdit aux moins de 16 ans
Pas
pour les enfants…
Un long métrage américain à contre courant du
bien pensant et du politiquement correct, choquant mais inoubliable.
Visalia, bourgade de Californie, est le théâtre
de scènes du quotidien de quatre adolescents, américains,
de classe moyenne, qui déjouent les méandres de l’ennui
par la violence, le sexe et la perversion.
Un scénario aussi précis qu’une toile de grand
maître
L’histoire, sous forme de tranches de vie, nous emmène
dans les bas fonds de l’esprit humain… des adolescents,
en mal d’affection, en pleine recherche de soi, et à
la découverte du sexe et de ses plaisirs et de ses douleurs.
Clarke s’est efforcé de donner à ses personnages
du caractère, sans en faire des caricatures, de la contenance,
sans devenir exubérants…
La caméra, la photographie, les décors : tout pousse
le spectateur à se plonger dans cet univers, glauque par moment,
touchant parfois, puis drôlement érotique (plutôt
érotiquement drôle). Entre la violence d’un père
et l’incompréhension d’un autre, ces enfants sont
confrontés à leur croissance contre leur gré,
face à des adultes se rendant compte de leur propre vieillissement.
Porno ? Non, enfin presque…
Attention, la caméra est crue, les scènes sont
filmées sans pudeur ni tabou, mais les personnages se prennent
dans le drame de l’histoire, sans en faire un porno. Nous noterons
la magnifique scène d’amour finale, entremêlée
de sentiments si proches et si contradictoire que la fesse exhibée
en devient une toile de fonds.
Enfin la culture américaine reprend le dessus sur la culture
du fric d’Hollywood. A contre courant, elle inscrit des chefs
d’œuvre comme Virgin Suicide ou autre American Beauty.
Seraient-ce les prémices d’une nouvelle ère ?
Dans tous les cas, ne vous privez pas : essayez une heure et demie
d’une autre vision de la jeunesse américaine, cela vaut
le détour.