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     CiNéMa
 
TOTAL KHEOPS
 
Un film français de Alain Bévérini
 Avec Richard Borhinger
Marie Trintignant
Daniel Duval
et Robin Renucci
 
Pyramide - 2002 - 1h30
Après la honteuse trahison de TF1 qui avait adapté l’œuvre de Jean-Claude Izzo avec l’intelligence et la subtilité d’un bulldozer sous amphétamine, on attendait beaucoup du premier film d’Alain Bévérini. Et, il faut bien le dire, le casting et la bande-annonce auguraient d’un résultat infiniment plus fidèle et émouvant que le téléfilm déjà évoqué. Avec Richard Borhinger dans le rôle de Fabio Montale, on était déjà au moins assuré d’une chose : retrouver l’esprit des romans que l’on avait tant aimés au milieu des années 90, fait de flics et de voyous bien sûr (mais dans une distribution des rôles plus floue que la morale ne l’admet habituellement), de déglingue, d’anti-conformisme et surtout d’humanité… d’amour même.

Bonheur : tout cela est dans Total Khéops, le film. Malheur : Alain Bévérini n’a pas forcément le talent nécessaire pour réussir, malgré ça, un premier grand film.

Le résultat est donc décevant, forcément décevant. Et ressemble plus à un hommage à l’auteur disparu il y a deux ans qu’à un film destiné à combler les cinéphiles. Si le climat et les personnages des romans de Jean-Claude Izzo sont parfaitement restitués ; si Marie Trintignant est formidable en Lole, l’éternelle amoureuse de ses copains de toujours ; si le vrai Marseille constitue le plus réaliste des cadres pour cette histoire qui respire l’authenticité entre quartiers difficiles, mafia locale et cabanon dans les calanques… il manque le principal, l’ingrédient qui fait un bon film : le rythme.

À aucun moment Alain Bévérini ne parvient à emballer son film. Il traîne le spectateur plus qu’il ne l’entraîne, dans une histoire (certainement confuse, d’ailleurs, pour les non-lecteurs des romans) qui a pourtant tout pour passionner : passé et présent mêlés, histoires d’amitiés à la vie - à la mort, règlements de comptes et vengeances… rien ne manque. Rien, sauf la patte d’un cinéaste de talent, capable de capter le talent particulier de Jean-Claude Izzo (et ça, Alain Bévérini a su le faire) pour en tirer la vivacité d’un film mêlant l’action et la réflexion détachée d’un personnage hors norme : l’éternel Fabio Montale. Dommage...


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Juillet 2002
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