Un film américain de Quentin Tarantino
Avec Uma Thurman
David Carradine
Daryl Hannah
et Michael Madsen
TFM - 2004 - 2h15
Les
fans du premier opus trépignaient d’impatience
: le voici, livré en plein Festival de Cannes par son
Président du Jury de géniteur, mesdames et messieurs,
Kill Bill volume 2 !
Rappel préliminaire pour les amnésiques du grand
écran : le premier volet met en scène l’histoire
d’une femme miraculeusement réchappée de
ce que les journaux locaux ont appelé à l’époque
"le massacre de Two Pines". Dans cette chapelle, où
un mariage était en train d’être célébré,
un groupe vint abattre froidement les mariés, le prêtre
et les invités. Quatre ans plus tard, seule survivante
et assoiffée de vengeance, la Mariée part sur
les traces de ceux qui ont tenté de l’éliminer,
et qu’elle ne connaît que trop bien puisqu’elle
a appartenu jadis à leur gang de tueurs : les Vipères
Assassines. Sitôt établie la liste noire des cinq
têtes à faire tomber, la Mariée part en
chasse et, à la fin du volume 1, les deux premiers noms
ont déjà été barrés…
Resté en haleine de longs mois durant, le spectateur
court alors vers le volume 2 dès sa sortie, bien que
le suspens, a priori, ne soit que relatif. C’est vrai,
il reste trois noms sur la liste, alors d’une façon
ou d’une autre, ils vont tous y passer, non ?
Pourtant, Kill Bill volume 2 n’est pas un remake du précédent,
loin s’en faut. Finies les démonstrations magistrales
de kung-fu aussi tranchantes qu’esthétiques, les
combats interminables mués en feu d’artifice sanguinaire.
Certes Uma Thurman manie toujours aussi prodigieusement le sabre
dans sa quête des trois dernières cibles, et elle
honore à nouveau de toute son énergie ce rôle
sur mesure. Mais elle a quitté le Japon pour le Sud-Ouest
américain, et c’est à présent dans
une atmosphère de western-spaghetti que se poursuit la
vengeance de cette blonde intrépide, dont on perce peu
à peu les secrets du passé, et dont on apprend
aussi le nom, enfin !
Et quoique, au départ, la fin semble inéluctable,
le scénario ricoche au rythme de cette musique toujours
ensorcelante. Les morts, futurs morts et autres invincibles
connaissent tour à tour des sorts pour le moins inattendus,
dans des scènes haletantes où Uma Thurman, mais
aussi Daryl Hannah, Michael Madsen et David Carradine (respectivement
dans les rôles de Elle Driver, Budd et Bill) mettent fort
bien leur jeu au service du scénario. C’est entre
ces quelques scènes d’action que resurgissent sentiments
et ressentiments, restés en retrait dans le volume 1,
faute de temps sans doute puisque Uma sabrait les têtes
frénétiquement et sans relâche. C’est
aussi au détour de ces intermèdes sous forme de
flash-back que l’on reste, western ou pas, sous l’influence
omniprésente des arts martiaux chinois, puisque l’on
découvre aussi, dans ce volume 2, l’instructeur
de la Mariée, Pei Mei (Gordon Liu), le "moine aux
sourcils blancs", figure emblématique des films
hongkongais des années 70, et personnage toujours redoutable
s’il en est.
Un volume 2 qui décevra donc peut-être les insatiables
de combats sans merci, mais cependant, dans un registre plus
"psychologique", ce deuxième opus reste extrêmement
intense et palpitant. Ce qui fait de l’ensemble une œuvre
d’exception, servie par des acteurs non moins exceptionnels.