Un film américain de Shane Black
Avec Val Kilmer
Robert Downey Jr
Michelle Monaghan
Deanna Dozier
et Corbin Bernsen
Warner Bros - 2005 - 1h42
Dans
un style qui n’est pas éloigné des meilleures
comédies de Howard Hawks mais aussi des Blues brothers,
voilà un polar où le mauvais esprit (c’est-à-dire
le bon) règne en maître.
Harry Lockhart est un braqueur à la petite semaine qui
finit, lors d’un casse foiré, par se faire engager
comme comédien. Ce concours de circonstance l’entraîne
à Los Angeles où il va suivre pendant quelques
jours un détective privé gay censé lui
apprendre les ficelles de son métier de détective.
Voilà le point de départ farfelu d’un film
qui joue sur plusieurs tableaux : l’humour, l’ironie
et l’hommage aux grands polars des années 1940.
Ajoutons un autre niveau : ce film dans lequel les personnages
débitent à la mitraillette des répliques
démentes, passe son temps à se foutre de la tête
de son spectateur et des facilités scénaristiques
auquel il est habitué, quand il regarde un film.
Tout en se moquant de nous, donc, le réalisateur Shane
Black nous englue dans une intrigue à tiroirs que nous
suivons avec autant de plaisir que de jubilation.
Nous sommes aidés en cela par des situations tordantes
et par le dynamisme d’acteurs formidables qu’on
ne voit pas si souvent : Harry Lockhart est joué par
Robert Downey Junior, plus connu ces dernières années
pour ses problèmes de drogue et de désintoxication.
Downey Junior est un acteur doué qui excelle dans la
comédie. Son style nerveux, speedé et dépressif
est mis en valeur par sa voix murmurante (en version originale,
évidemment).
Le détective gay nommé Gay Perry, est interprété
par Val Kilmer dont le talent comique et le punch sont une agréable
surprise.
Comme dans tous les chouettes polars, nous découvrons
une super-jolie fille, Michelle Monaghan, qui est partie pour
une super-jolie carrière, à n’en pas douter.
Le récit est découpé en chapitres et chaque
chapitre porte le titre d’un livre de Raymond Chandler.
Cette référence est assumée puisque l’intrigue
part dans tous les sens, comme les romans de Chandler. Le film
montre qu’on peut être respectueux des grands ancêtres
et complètement déconnant dans la forme comme
dans le fond.
Il est vrai qu’il s’agit du premier film réalisé
par Shane Black, auteur de la première Arme Fatale, et
d’autres scénarios vitaminés et humoristiques.
Il n’avait rien écrit depuis plusieurs années.
Souhaitons qu’en bon loup dans la bergerie, il nous revienne
vite.