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     CiNéMa
 
LANTANA
 
Un film australien de Ray Lawrence
 Avec Anthony Lapaglia
et Barbara Hershey
 
Mars Films - 1h55 - 2002
Avec Lantana, c’est le salutaire souffle d’un cinéma différent qui nous arrive d’Australie pour balayer les miasmes d’une production calibrée et aseptisée qui finirait par nous décourager d’aller vous enfermer dans les salles obscures.

Le synopsis, pourtant n’a rien de révolutionnaire : Leon Zat, père de famille et policier, se sent affreusement coupable d’avoir trompé sa femme, Sonja, avec Jane O’May. Parallèlement, il se voit confier une enquête portant sur la disparition de Valérie Sommers, une psychanalyste de renom mariée à l’étrange John, et que Sonja consultait régulièrement. Or il se trouve que Jane, séparée de son mari, est un témoin important de cette affaire… Tous ont quelque chose à cacher. Leurs secrets et mensonges sont inextricablement liés à l’enquête de Léon, éclairant étrangement une autre quête, plus personnelle et existentielle.

Histoires d’hommes et de femmes aux vies privées et professionnelles à la fois banales et complexes (la vraie vie, quoi), le film de Ray Lawrence explore les fêlures de ces couples sur fond d’histoire policière qui sert à la fois de prétexte et de catalyseur. "Il s’agit avant tout d’une quête pour trouver un sens à sa vie, dit le réalisateur, même si c’est aussi une intrigue policière qui bouleverse l’existence de nombreux personnages. C’est un film sur la fragilité humaine, sur ce moment où, dans la vie, on s’interroge justement sur son cours, on la remet en question, surtout dans les domaines de l’amour et du couple."

Portée par des acteurs peu connus mais brillants, au premier rang desquels un Anthony LaPaglia incarnant le personnage de Leon Zat avec une troublante conviction, Lantana captive le spectateur sans jamais céder au spectaculaire ni au lacrymal. Sur la seule force des sentiments et des rapports entre les personnages, Ray Lawrence déroule ses histoires qui finissent par n’en faire qu’une et amène chacun à une prise de conscience qui coïncide avec la fin de l’enquête. Et pourtant, si l’on quitte la salle en connaissant un peu mieux les personnages auxquels on s’est attaché immanquablement (les dernières minutes du film sont, à ce propos, admirables), on sait aussi que leurs blessures ne sont pas cicatrisées et que, sur leur avenir, pèsera forcément le poids des événements récents.

Un très bon film au climat pesant (mais prenant) qui, comme le lantanier, une plante tropicale dont il tire son nom, entremêle ses branches, ses feuilles vertes et ses fleurs à la beauté exquise pour mieux cacher ses dangereuses épines acérées.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Août 2002
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