Un film américain de Antoine Fuqua
Avec Bruce Willis
et Monica Bellucci
Columbia Tristar - 2003 - 2h02
Une
splendide illustration de ce que le cinéma américain
peut produire de pire : impérialisme quand tu nous tiens !
Nous sommes au Nigéria où vient d’éclater
une guerre civile et les rebelles ont renversé le pouvoir.
La famille présidentielle a été décimée
et les rebelles sont en marche dans tout le pays pour supprimer les
populations qui sont "différentes d’eux" ou
celles qui n’honorent pas "leur(s) Dieu(x)" : une
dictature est en train de naître. Le lieutenant Waters (Bruce
Willis) et ses hommes (7 mercenaires en tout) sont alors envoyés
pour tenter de récupérer une femme médecin (Monica
Belluci), un prêtre et 2 nonnes, installés dans une mission
et pris au piège dans cette guerre civile. Mais, bien entendu,
sur place les choses ne se déroulent pas tout à fait
comme convenu…
Que dire de cet énième film (après Rambo, Armagedon…
et j’en passe) qui présente les Etats-Unis comme "protecteur
des plus faibles" et sauveurs du monde !? Rien… Rien, si
ce n’est qu’il s’agit bien d’un film de plus
à la gloire du monde américain. Scénario pas
trop mal ficelé, mais histoire vraiment difficile à
croire, incohérences flagrantes (comme les hélicoptères
qui vont aussi vite que les avions de chasse !), mais surtout des
répliques à vous couper le souffle par leur manque de
profondeur et leur prosélytisme américain.
Seul petit intérêt peut-être : voir ce qui se passe
ou s’est passé réellement dans certains pays d’Afrique
(assez inquiétant d’ailleurs, mais bon !) Et, bien sûr,
les fans de Bruce et de Monica se délecteront de cette rencontre
explosive.
Mais on ne peux s’empêcher de penser aux siècles
d’esclavage où la main d’œuvre était
tirée d’Afrique par le monde occidental… et rigoler
! De même, comment ne pas penser à une actualité
récente (située au Moyen-Orient)… et pleurer !
Tout comme il est impossible de ne pas penser aux milliers d’américains
venus mourir sur le sol français à deux reprises au
siècle dernier et sans qui je ne pourrais sûrement pas
être là pour rédiger cet article aujourd’hui
! Merci ! Mais nous étions au siècle dernier…
Aujourd’hui, les Etats-Unis devraient se méfier de leur
égo surdimensionné. Attention à ce que la moutarde
ne leur monte pas trop au nez de certains ! Car ce film a bien des
bribes de message : " Les Etats Unis : futurs maîtres du
monde". Et cela, non merci !
Bref ! Les larmes du soleil… un film à pleurer : d’émotion
pour les âmes sensibles, de rire face aux répliques grandiloquentes
et déplacées, de rage pour ceux qui penseront avoir
perdu près de 8 euros (le prix de la place !)…