Un film français de Xavier Beauvois
Avec Nathalie Baye
Jalil Lespert
Roschdy Zem
et Antoine Chappey
Mars Distribution - 2005 - 1h50
Xavier
Beauvois est devenu une valeur sûre du cinéma adulte
et le prouve à nouveau avec ce Petit lieutenant remarquable
d’intelligence et de pertinence.
Nord en 1991, N'oublie pas que tu vas mourir en 1995, Selon
Matthieu en 2000… Un film tous les quatre ou cinq ans,
Xavier Beauvois n’est pas un grand bavard. Pas du genre
à parler pour ne rien dire, en tout cas. Ses films précédents
nous l’avaient prouvé, Le petit lieutenant le confirme
: Xavier Beauvois est un réalisateur majeur du cinéma
français.
Loin de toute esbrouffe, c’est un film policier rugueux,
dur, réaliste, à la limite du documentaire, qu’il
livre aujourd’hui. On est loin de toute la mythologie
du flic superman ou de son pendant ripoux. Le capitaine Vaudieu
(Nathalie Baye) essaie de se tenir loin de l’alcool avec
lequel elle a un peu trop flirté à une époque,
et son équipe fait son boulot banal, quotidien, de Police
Judiciaire : enquêter sur les crimes minables, sordides,
qui lui sont confiés. En l’espèce, l’assassinat
d’un SDF et la recherche de clandestins Russes qui pourraient
être mêlés à l’affaire.
Rien de chic, ni de choc ! Les bureaux sont pourris, l’action
plutôt rare, les flics tantôt désabusés
tantôt passionnés, plutôt honnêtes
et politiquement corrects… mais pas angéliques
non plus. La vraie vie, quoi. Par le regard des différends
protagonistes, et notamment du petit nouveau, le lieutenant
Antoine Derouère (Jalil Lespert), frais émoulu
de l’école de Police, Xavier Beauvois mêle
intimement suspense policier irréprochable et chronique
sociale pertinente.
Le petit lieutenant est le genre de film qui remet à
l’honneur un cinéma adulte, avec un groupe d’acteurs
extraordinaires de naturel (et fidèles à Xavier
Beauvois), une bande-son où l’absence de musique
est avantageusement compensée par les bruits de la ville
et une Nathalie Baye lumineuse.