Des
gens extraordinaires pour une histoire ordinaire Sept personnages
pour convaincre, sept minutes pour le plaisir, sept secondes pour
le scénario…
Recruté par l’Empire britannique au fond de l’Afrique,
l'aventurier Allan Quatermain doit diriger la Ligue des Gentlemen
Extraordinaires, association de sept super héros légendaires,
comprenant le mystérieux Capitaine Nemo, la femme vampire Mina
Harker, l'invisible Rodney Skinner, le jeune et intrépide agent
secret américain Tom Sawyer, l'inaltérable Dorian Gray
et l'inquiétant duo Dr Jekyll / Mr Hyde. Venus des horizons
les plus divers, les membres de la Ligue sont de farouches individualistes,
des exclus au passé ténébreux et agité,
dont les facultés hors normes constituent à la fois
un atout et une malédiction.
Réunis dans des circonstances exceptionnelles, ils doivent
en peu de temps nouer des rapports de confiance, apprendre à
fonctionner en équipe. Après avoir embarqué à
bord du Nautilus, ils gagnent Venise, où leur adversaire, le
diabolique Fantôme, se prépare à saboter une conférence
réunissant les plus grands chefs d'Etat...
Film inspiré de comic-book : un de plus, un de trop
!
Après From
Hell, narrant les méfaits du meurtrier Jack l’éventreur,
l’auteur britannique de bandes dessinées Alan Moore a
laissé une seconde fois libre court aux studios hollywoodiens
afin de mettre à l’écran son opus La ligue des
Gentlemen Extraordinaires. Bien que certaines réalisations
issues du comic-world aient été soignées tant
dans la profondeur des personnages que dans l’intrigue, la ligue,
elle, n’est qu’un ersatz du pire de ces films, mais de
surcroît sans goût ni saveur.
En toute franchise, il est assez rare de croiser sur son chemin des
scenari nuls, mais à présent, les esprits seront marqués
au fer rouge : les magnifiques effets numériques et une tête
d’affiche ne supplantent jamais, ô grand jamais la viabilité
de l’intrigue. Parfois sans queue ni tête, plus souvent
cousu de fil blanc, le scénario cherche à perdre le
spectateur dans une pléthore de détails inutiles et
dans une histoire somme toute ordinaire.
Une bande annonce trompeuse
Comment se fourvoyer radicalement sur un film
? Regarder la bande annonce d’une super production hollywoodienne,
alléchant avec de belles scènes de combat et en rôle
principal, le respecté, honorable et prestigieux Sean Connery.
Ce dernier a dû se perdre dans les méandres de la Californie,
pour échouer sur un des plateaux de tournage. Malgré
une interprétation correcte et sans reproche, aucun acteur
ne peut porter le film à lui tout seul, et donc même
Sean se trouve coincé dans un rôle mi-figue mi-raisin
: drôle et aventurier, seul souci : rien autour de lui ne
tient…
Les fans de comic-stories ont tout intérêt à
attendre la sortie d’un X-men 3 ou d’un Spiderman 2,
qui ont potentiellement plus de chances d’être moins
médiocres que la décevante ligue.
Uniquement des effets spéciaux…
Le spectateur en perd ses sens : la vue par la débauche
d’effets pyrotechniques et numériques, l’ouïe
par l’assourdissante bande sonore et le toucher par la perte
irrémédiable des 8 piécettes qui dépourvoient
son porte-monnaie : il est strictement inutile de s’essayer
à cette douloureuse expérience.
Dinesh Singh
© Jowebzine.com – Octobre 2003
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